L'oligarchie organisée en classe sociale anime l'ultra libéralisme sur l'ensemble de la planète. Ses bras armés tentaculaires sont les groupes et les entreprises transnationaux. ILS exploitent en commun la planète et ses ressources naturelles comme ses ressources humaines

L'ultra libéralisme n'est que le dernier avatar en date du capitalisme en attendant le prochain, crise écologique oblige, qui devra s'appuyer sur une exploitation plus importante des ressources humaines sous une forme dont les GAFAS déjà bien engagés dans le transhumanisme commencent à nous donner une idée.
En attendant, ce système repose sur plusieurs siècles de domination sur l'autre classe sociale, cette des citoyens, plus ou moins acceptée tant que les excès de la domination n'amènent pas des réactions épidermiques du corps social que selon le degré d'excitation on appellera révoltes ou révolutions.
Les formes successives du capitalisme s'établissent et se superposent sur une structure politique qui définit les contours de la communautés concernés.

Cette structure politique est renouvelée à chaque élection et il serait déraisonnable de penser que les différents acteurs appartenant à la classe dominante seront indifférents aux responsables politiques élus.

Les oligarques n'interviendront pas directement dans les campagnes électorales : comment le feraient-ils ? Ils n'ont pas de représentants officiels1 , ils n'agissent qu'indirectement par leur réseau d'influence et par la puissance des moyens médiatiques et de propagande que leur confère le contrôle du système .

Ce ne sont pas eux qui choisissent les candidats (quoique …) mais il est clair qu'ils ont des préférences.

De quel Président rêvent les oligarques ? Ce n'est pas lié au parti politique, à l'écurie gagnante : pour eux la droite et la gauche ne sont que des étiquettes aisément manipulables. Ils ont tout de même des préférences. Ils ne souhaitent pas l'élection d'un personnage à tendances révolutionnaires comme dans certains pays d'Amérique Latine dont il faudrait ensuite se débarrasser plus ou moins violemment par la corruption ou/et par la force. C'est très peu souhaitable de leur point de vue : d'autant que par réaction la correction de trajectoire politique crée toujours de l'instabilité et l'instabilité n'est pas bonne pour les affaires.

Dans le même ordre d'idée, une présidence nationaliste d’extrême droite n'est pas indiquée car elle risque de créer des conflits d'intérêts avec le réseau transnational. En plus, la xénophobie qui va avec finira par créer des troubles et des instabilités tout comme dans le cas précédent

 Alors un régime de droite ? Tout dépend du contexte : dans un pays en crise ou la démocratie n'est pas encore tout à fait morte la trop grande proximité avec l'ultralibéralisme est contre-productive...

 Un vrai régime de gauche ? Qui déclarerait privilégier l'intérêt général avec quelque volonté de s'y essayer ? Évidemment non : s'appuyant sur une opinion publique mobilisée comme en 1936, le résultat pourrait être catastrophique.

 Reste l'option centriste, ni droite ni gauche, permettant mieux d'imposer ses objectifs sans violence, ce qu'Alain Damasio décrit si joliment dans « La zone du dehors » : Le citoyen ne s'opprime plus, il se fabrique, à la pâte à norme, au confort,au consensus... » une social démocratie devenue la plus douce des dictatures.

Alors se pose la personnalité du candidat : On a établi depuis longtemps qu'un régime libéral, voire ultralibéral nécessite un état faible pour pouvoir fonctionner sans heurts. C'est la raison pour laquelle l'élite libérale qui mène l'UE multiplie les efforts pour réduire au maximum l'influence du pouvoir politique. Paradoxalement cet état affaibli surtout quand il dispose d'une constitution comme la cinquième qui donne à notre président tant de pouvoirs doit bénéficier d'une figure de proue, d'un monarque républicain aux épaules larges capable de maintenir l'unité d'une démocratie ouverte à bien des sollicitations et des influences.

De mon point de vue, l'Oligarchie pensait avoir trouvé l'oiseau rare en 2011 avec Dominique Strauss Khann. La pâle doublure qui a dû le remplacer au pied levé nous a privé d'un Président ex patron du FMI et néanmoins présenté au public comme de racine socialiste, permettant de maintenir voire développer l'emprise néolibérale.

Le travail était à recommencer pour 2017, sitôt François Hollande enfin persuadé de laissé la place juste après que Nicolas Sarkozy ait été, lui aussi, poussé vers la porte.

 On laissera aux historiens d'un futur lointain le soin de découvrir qui a bien pu mettre le feu sous les chaudrons du diable dans lesquels mijotent les candidats de droite et d'extrême droite empêtrés dans les affaires judiciaires.

 On laissera aux psychanalystes le soin de diagnostiquer l'aberration mentale qui aura conduit les deux principaux compétiteurs de gauche dont les programmes réels n'étaient séparés que d'une feuille de papier à cigarette à s'affronter joyeusement en oubliant ceux qui croyaient en eux. A-t-on quelque espoir de les guérir avant l'élection du premier tour ? L'espoir est faible mais de toutes façons ni l'un ni l'autre n'ont la faveur d'une oligarchie qui cherche un profil mieux adapté à ses projets.

Heureusement, l'oligarchie est une pépinière d'esprits créateurs dont certains sont élevés dans les banques. Rothschild, en particulier, a élevé et formé à partir de 2008 un certain Emmanuel Macron, alors membre du parti socialiste, avant de l'infiltrer en 2012 au secrétariat de la Présidence de la République .  Puis Hollande en a fait un ministre en 2014 avant qu'il ne mette en scène en 2016 un parti politique social-libéral sorti de rien, inconnu jusque là mais plein de promesses et déjà bien argenté, pas seulement à l'occasion de « cocktails dînatoires », ostensiblement rejoint par de nombreux personnages politiques de l'entourage proche ou lointain de Hollande, bientôt complétés par des transfuges de la droite modérée et très récemment par le patron du MODEM.

Coqueluche du tout médiatique, ce jeune homme politique (il a 40 ans!) aux allures de gendre idéal avec juste les dents un peu longues est désormais installé dans les sondages comme l'un des vainqueurs du premier tour de l'élection présidentielle et même pour certains comme notre futur Président.

 Elevé dans une banque française, y aurait-il un meilleur candidat possible pour l'oligarchie ?

 Macron, c'est vrai, n'a pas de programme sérieux, à part l'intention de faire sauter la retraite par répartition et la remplacer par un système notionnel, un vrai cadeau pour les banques, mais ce n'est pas l'essentiel.

 Il est propre sur lui, il ne fait pas peur comme la candidate FN . C'est un vrai produit de marketing.  il n'est pas comme à droite ou à gauche l'héritier d'un système détesté ou du moins il le fait croire. Il pourrait bien arriver en tête.

 Il sera le candidat idéal... mais pour qui ?

 Voulons-nous vraiment élire les transnationales à la Présidence de la république ?

 

 

1On ne saurait considérer comme tel le représentant du Medef qui n'est pas celui des transnationales

 

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