Centrale du Bugey. Pour Genève, “il ne faut pas attendre un incident, ce sera trop tard” - France 3 Auvergne-Rhône-Alpes
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Centrale du Bugey. Pour Genève, “il ne faut pas attendre un incident, ce sera trop tard”

Le vice-maire de Genève, Rémy Pagani / © France 3
Le vice-maire de Genève, Rémy Pagani / © France 3

Invité à une réunion sur la centrale nucléaire du Bugey, ce vendredi 8 avril, le représentant de Genève est intervenu dans une ambiance tendue, après la plainte suisse visant à faire fermer le site.

Par FG avec AFP

Pour la première fois en France, des représentants étrangers participaient à une Commission locale d'information (CLI), assemblée informative sur la sûreté nucléaire qui réunit au moins deux fois par an ses 70 membres environ, dont des élus, des représentants de l'État, des syndicats, des associations, EDF, etc.

Debout, au micro, le vice-maire de Genève, Rémy Pagani, n'a pas mâché pas ses mots sur la centrale du Bugey, la plus ancienne en activité en France après celle de Fessenheim (Haut-Rhin). Et d'évoquer des problèmes survenus ces derniers mois: "Des anomalies ont été décelées comme à Fessenheim et à Berne chez nous. Ici, au Bugey, il y a eu une fuite de tritium, j'ai reçu un rapport de la Criirad (commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité, basée dans la Drôme) en décembre!"

L'élu suisse a énuméré d'autres faits. "Il ne faut pas attendre un incident, ce sera trop tard, il y a des mesures à prendre, on attend des explications et des réponses", a insisté l'élu de Genève.

La ville et le canton ont porté plainte contre X, en mars devant le TGI de Paris, pour "mise en danger délibérée" et "pollution des eaux", avec la volonté d'obtenir la fermeture de la centrale du Bugey. 

Le nuage de Tchernobyl

Un élu de l'Ain a alors le micro et lancé: "Genève est au Nord-Est et les vents partent au Sud-Ouest, donc vous n'auriez rien à craindre!" La remarque a fait bondir le Suisse de sa chaise. "Lorsqu'il y a eu l'accident de Tchernobyl, j'avais un fils qui buvait du lait. Les autorités suisses ont dit de ne pas en boire, alors je suis passé en France dans la vallée de l'Arve (en Haute-Savoie) pour en acheter, car il était soi-disant pas contaminé!", a ironisé M. Pagani.

Dans l'assemblée, les rares anti-nucléaires ont bu... du petit lait. Peu d'atomes crochus, en revanche, entre Damien Abad, président Les Républicains du département de l'Ain, et la délégation genevoise, composée de l'élu municipal et d'un fonctionnaire du canton.

Selon M. Abad, la plainte a été "mal vécue sur le fond et sur la forme". C'est une plainte "discourtoise", a-t-il lancé, estimant aussi qu'elle a terni des productions locales comme les AOC des vins du Bugey ou le Comté. Tout en ironisant sur les besoins électriques helvètes, il a défendu une "complémentarité" entre le nucléaire et les énergies renouvelables.

Extrait 19/20 France 3 Alpes 
Débat franco-suisse tendu près de la centrale du Bugey

Aujourd'hui, on trouve de l'électricité partout en Europe à deux centimes" 

"Non seulement nous nous passons du nucléaire, mais nous avons pris des positions pour avoir la totalité de notre consommation d'électricité en énergies renouvelables", lui a rétorqué l'ancien maire de Genève, soulignant aussi que depuis la catastrophe de Fukushima au Japon, les autorités suisses ont durci leurs exigences en matière de sécurité, ce qui va conduire une centrale, qui ne peut financer sa mise aux normes, à fermer en 2019.

Pour lui, enfin, la France et les pays nucléarisés ont un "gros problème financier": "Nous produisons à 6 centimes le kw/h et aujourd'hui on trouve de l'électricité partout en Europe à deux centimes, donc nous perdons et EDF perd des sommes considérables depuis des mois et ça va continuer", a assuré M. Pagani.

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