Le blog de Renée Alice POUSSARD, Conseillère régionale VERTE de 2004 à 2010

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***REGIONALES 2015 PREMIER et SECOND TOUR, "à CHAUD"! QUEL(S) ENSEIGNEMENT(S) PREMIER(S) ?

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TOUTES PROPORTIONS et CIRCONSTANCES gardées, CLIQUER ci-après sur lien vers bilan (historique), mais enseignements conclusifs à méditer encore et toujours sans relâche : " FERRAT CHANTE "EPILOGUE"

https://youtu.be/AkCOrQGqdNM?t=16

Et pour mémoire, des "pratiques autoritaristes" interconnectées aux "METHODES de GOUVERNANCE" désormais prônées, (ou "découlant subsidiairement du haut en bas des échelons de POUVOIRS ABUSIFS") et devenus CAUSES PREMIERES des réactions et AVERTISSEMENT lancé par un corps électoral excédé d'être ainsi malmené... Sinon en criante quête de ré-identification salvatrice. Cliquer sur liens vers:

"S'ATTAQUER ENFIN (!) aux VRAIES CAUSES du DEFICIT DEMOCRATIQUE CRIANT !"à bien des niveaux.Y compris l'INFO...

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"En cessant d'OSTRACISER" " TEL ou TEls AUTRES INDIVIDUS (SINON GROUPES) légitimement constitués en opposition à "excès majoritaires caractérisés"! CLIQUER SUR réaction telle que :

"La DROITE plutôt que le F.N. à CONDITION QU'IL Y AIT UNE DIFFERENCE"...

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QUANT à la MONUMENTALE DEFIANCE CITOYENNE en voie de se généraliser; et quasi érigée en SYSTEME régissant - dans "l'a-priori" - toute espèce de relations entre administrateurs et administrés qui n'en finissent plus de dénoncer fausses promesses "non tenues" ou "n'engageant que ceux qui y croient". Et s'y sont trop longrtemps laissés prendre"!
Comment s'en étonner ? Cliquer sur lien ci-après, vers :

"VOTER NE SERT à RIEN" : "les ABSTENTIONNISTES EXPLIQUENT LEUR CHOIX":

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Et QUAND "L'ULTRA-SARKOZYSTE" et MATAMORE SECRETAIRE NATIONAL de l'ex UMP (aujourd'hui LR...),PLUS QUE JAMAIS "EGAL à LUI-MÊME" et SA REPUTATION de "député-maire SUPER CUMULARD") se DONNE DES GANTS de probité (mitée(!), l'électorat haut-savoyard, bonnevillois, régional et national (!) appréciera j'en suis sûre à sa juste valeur, SON INDECENTE DECLARATION ***
au D.L. titrant sur :"La Droite conforte son bastion haut-savoyard""-

"SM3S" alias "Sa Majesté SADDIER SOI -MÊME" y annonçant d'emblée (et ce, dès ce mardi 15 décembre!) "SA" remise "OFFICIELLE de démission à la sous-préfecture, ce matin à 11H30 ./" En y précisant "S'ETRE "MIS D'ACCORD avec J. GNUVA** et L;VAUQUIER /-"...
POUR TROQUER sa fonction de (petit?) maire (et motus (!) sur sa députation!) CONTRE une (grosse???) "VICE-PRESIDENCE de REGION" AUVERGNATO-RHÔNALPINE! Dont il savoure - manifestement! - d'avance les vantardes dimensions (tant suisses qu' irlandaises(!) et j'en passe.

ALORS, POUR FINIR SUR UNE NOTE NETTEMENT PLUS SAINE et PLUS PARTICIPATIVE INITIATIVE soulignant d'autres défiances encore (et non des moindres car de toute actualité, en regard d'engagements certes intéressants. mais pointant des calendriers quelque peu perçus "botte en touche"... Dont responsabilités présentes et passées entre autre largement partagées, Y compris en renvoyant les précisions des échéanciers aux... générations futures?

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COP 21 PARIS : "GREENPEACE EN MISSION COMMANDO" PLACE de L'ETOILE, à PARIS !

CLIQUER SUR lien vers PHOTO et REPORTAGE; "LA GAZETTE de LA COP"

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Et pour ne désespérer de rien ni personne, ni des "lumières" (interdites à LYON (!) il y a peu au nom d'un ETAT D'URGENCE à ce jour dangereusement exploité) souhaitons qu'elles éclairent plutôt NOËL et les temps qui viennent d'un authentique jour nouveau! L'heure étant certes à plutôt "regarder ce qu'il y a de beau"... Cliquer sur:

url__78_.htm

Puis cliquer d'abord sur lien ci-dessous (en y sous-cliquant sur choix se connecter (juste au-dessus du mot fermer et de la mention "video indisponible"

Comprendre_-Jean_Ferrat.wmv_-_YouTube2.html

renée alice

**Julie GNUVA Tête de liste Haute-Savoie 1er tour (et entre autre Présidente C.G. P.M.E. Hte SAVOIE), s'y retrouvant, de la sorte et comme prévisible, rétrogradée - DE FAIT - et machistement "coiffée en ligne" d'arrivée!
***...Et une procédure signalant une "suffisance" polititienne ! Dont "TÔT ou TARD..." dirait ARAGON... "IL FAUDRA" là aussi, "PAYER le PRIX!"

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Commentaires

1. Le 14 décembre 2015, par Renée Alice

Elections régionales : diesel, OGM, aéroport, du nouveau dans les programmes après les fusions de listes
Le Monde | 10.12.2015 à 15h47 • Mis à jour le 14.12.2015 à 09h49 | Par Julie Saulnier En Ile-de-France, l’accord final de la liste unie PS-EELV-FdG, conduite par Claude Bartolone (photo), intègre plusieurs propositions-phares des deux listes minoritaires de gauche du premier tour.

C’est le jeu de l’entre-deux tours des élections régionales. Dans huit régions, pour accroître ses chances de l’emporter, le PS a fusionné ses listes avec celles d’autres partis de gauche. C’est le cas :

Les tractations, tant sur le fond (ajustements de programme), que sur la forme (nombre de sièges), ont dû se faire dans un temps restreint, le dépôt des listes pour le deuxième tour devant être effectué avant mardi 8 décembre à 18h. Dans un certain nombre de cas, les sujets qui fâchent ont aussi pu être laissés de côté.

Lire aussi : Elections régionales : fusion de listes, comment ça marche ?

  • Étude indépendante sur l’optimisation de l’aéroport Nantes-Altantique (Pays de la Loire)

Composition de la nouvelle liste : 15 candidats EELV font leur entrée sur cette liste commune

En Pays de la Loire, la pomme de la discorde tient en quatre lettres : NDDL. Dans cette région, Verts et socialistes se sont réunis malgré des points de vue irréconciliables sur le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. L’accord signé pour le second tour en prend acte dès les premières lignes :

“Le projet de Notre-Dame-des-Landes fait l’objet d’un fort désaccord entre écologistes et socialistes depuis de nombreuses années. La liste conduite par Christophe Clergeau (PS) réaffirme son soutien à la réalisation de ce projet ; celle conduite par Sophie Bringuy, (EELV) son opposition à ce projet, et son soutien à l’optimisation de Nantes-Atlantique.”

Lire aussi : Pays de la Loire : batailles autour d’un aéroport

Néanmoins, Christophe Clergeau (PS) et Sophie Bringuy (EELV), tous deux vice-présidents du conseil régional sortant, s’engagent à ce qu’une « étude indépendante » (BOTTE EN TOUCHE ?)sur l’optimisation de l’actuel aéroport, Nantes-Atlantique, soit « décidée par la région » et « lancée dès le début du mandat, avec l’objectif de la conclure avant fin septembre 2016 ». Cette mesure avait été posée comme l’une des conditions d’un accord entre les deux tours par EELV.

Pour la droite, M. Clergeau « retourne sa veste » en cédant au « chantage » des Verts. « Je n’ai renoncé à aucune de mes convictions. Je n’ai rien cédé mais nous avons pris en compte les incertitudes du calendrier et la nécessité de poursuivre l’activité à Nantes-Atlantique », lui rétorque l’intéressé dans les colonnes de Ouest France.

Parmi les autres “victoires” des Verts, le quotidien régional cite pêle-mêle « un plan de 45 000 emplois issus de la transition énergétique” et le “développement du ferroviaire ».

  • La fin du diesel en Ile-de-France

Composition de la nouvelle liste : sur 209 sièges à pourvoir sur tout le conseil, les écologistes héritent de 24 places et le Front de gauche de 20 places, toutes éligibles en cas de victoire.
En Ile-de-France, l’accord final de la liste unie PS-EELV-FdG intègre plusieurs propositions des deux listes minoritaires de gauche du premier tour, dont des propositions majeures des écologistes.

L’union de la gauche, menée par le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone, s’engage notamment à sortir du diesel par le biais d’une « prime à la casse sur critère social pour l’achat d’un véhicule moins polluant », « un an d’abonnement Navigo gratuit pour l’abandon d’un véhicule polluant », la création d’une « redevance poids lourds en transit » et un renforcement des aides pour la pratique du vélo.

Côté énergie, l’objectif sera porté à 200 000 logements rénovés thermiquement sur la mandature (six ans), et des lycées et bâtiments régionaux « 100 % énergies renouvelables ». Dans les transports, l’idée est de créer 10 000 emplois (maintenance, sécurité, chauffeurs de bus) à financer avec une augmentation du versement transport (VT, versé par les entreprises et que doit valider le Parlement). Enfin, deux lignes (17 et 18) du futur Grand Paris Express font l’objet d’une attention particulière.

Se trouvent aussi dans cet accord la création d’un budget participatif de 50 millions d’euros par an,

l’encadrement des loyers à l’échelle régionale dès 2016, le soutien aux maisons de santé et aux formations sanitaires et sociales, des clauses d’emploi local dans les investissements de politique de la ville ou encore des marchés publics en faveur de l’économie sociale et solidaire.

“Elles ont fini par aboutir à une fusion des listes ainsi qu’à une entente sur quelques points de programme, comme le principe d’un moratoire sur les OGM et les gaz de schiste, sur la création d’emplois par le soutien à la rénovation thermique des logements, ou encore le soutien aux associations sportives et culturelles

Pas d’entente en revanche sur la ligne TGV Lyon-Turin, soutenue par Jean-Jack Queyranne.”

Lire aussi : Régionales en Ile-de-France : l’accord entre partis de gauche prévoit la sortie du diesel

 L’abandon du financement régional de la LGV vers le sud (Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes)

Composition de la nouvelle liste : la nouvelle liste accorde dix-sept places éligibles aux candidats d’Europe Écologie - Les Verts et deux vice-présidences.

En Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes aussi, Verts et socialistes, respectivement représentés par Françoise Coutant et Alain Rousset, ont trouvé un accord, qui s’est fait « sur une base de transition énergétique », « de lutte contre le changement climatique », et « d’appui aux transports et aux trains du quotidien », a précisé Alain Rousset.

Outre une concertation citoyenne territoriale à laquelle il était très attaché, EELV a obtenu l’abandon d’un financement régional pour la ligne grande vitesse (LGV). Alain Rousset s’engage à ne pas verser un euro de la région dans le financement du prolongement de la LGV vers le sud, mais continue de se battre pour ce chantier, à condition de trouver des financements extérieurs. « S’il les obtient, nous ne changerons pas d’avis et voterons contre », prévient Françoise Coutant dans Sud Ouest.

 Avec les communistes, l’affaire n’a pas posé de problème ; tandis qu’avec la liste du rassemblement écologiste et citoyen, les discussions ont été plus laborieuses, détaille Le Point :côté, Mme Coutant rappelle que « ce qui est incontournable pour nous, c’est que le Conseil régional cesse tout financement des LGV », tout en rappelant qu’elle n’était « pas contente » du soutien aux LGV affiché par son désormais co-listier PS. « Ce que je souhaite, c’est que ces LGV ne se fassent pas, en priorisant d’autres lignes », a-t-elle dit.

Composition de la nouvelle liste : elle est désormais dénommée “La Gauche, les Démocrates et les Écologistes”. En cas de victoire, les candidats EELV auront 19 sièges, et 8 en cas de défaite, les communistes peuvent eux compter sur 16 sièges en cas de vicoitre, et 7 en cas de défaite.

Après dix-sept heures de négociations, le rassemblement a été acté en Auvergne-Rhône-Alpes, où les listes PCF et EELV-PG se sont ralliées à celle de Jean-Jack Queyranne pour affronter Laurent Wauquiez (LR-UDI-MoDem).

Lire aussi : En Auvergne-Rhône-Alpes, la dure bataille de Jean-Jack Queyranne pour conserver la région

  • Des budgets participatifs dans les lycées du Centre Val de Loire

Composition de la nouvelle liste : les écologistes ont pu intégrer 19 candidats sur les 89 que compte la liste régionale.

Dans la région Centre Val de Loire, afin de fusionner sa liste avec celle de Charles Fournier (EELV), François Bonneau (PS) a mis un peu plus de vert dans son programme, sans pour autant faire de grosses concessions.

Le désaccord sur les aéroports est toujours d’actualité. Concernant celui de Châteauroux, les Verts ne sont pas opposés à l’activité maintenance. Quant à celui de Tours, chacun conserve sa liberté de paroles.

L’Echo républicain précise que le président socialiste sortant est « d’accord pour réfléchir à la création de formations aux métiers de l’économie verte et pour la mise en place de budgets participatifs dans les lycées (des investissements choisis démocratiquement avec les élèves, les personnels d’éducation…) ».

En ce qui concerne le train, les avis divergent sur la grande vitesse mais se rejoignent lorsqu’il est question d’améliorer les lignes classiques.

Composition de la nouvelle liste : elle est composée à 70 % de colistiers de Carole Delga (PS) et à 30 % de ceux de Gérard Onesta (EELV et FdG).

« La décision de faire jonction avec Carole Delga nous a pris très exactement une demi-seconde », a déclaré Gérard Onesta. « On a des nuances, on a des accords et des désaccords, et ça, c’est la vie », a-t-il ajouté.

Alors, où ça coince ? Selon Les Echos, les divergences de fonds entre Gérard Onesta et la socialiste Carole Delga reposent sur les projets de lignes ferroviaires à grande vitesse (LGV) Montpellier-Perpignan et Toulouse-Bordeaux (10,7 milliards d’euros en coût cumulé).

Carole Delga est favorable pour que la Région participe à leur financement, pendant que Gérard Onesta met la priorité sur les « trains du quotidien » et fustige le « fétiche du quart d’heure gagné qui caractérise les LGV »

Les dossiers éludés dans les autres régions

Gilles Simeoni (à gauche) et Jean-Guy Talamoni (à droite) annoncent leur liste de fusion à Corte, le 8 décembre 2015.

Dans les autres régions, la fusion s’est faite a minima. En évitant soigneusement les dossiers sulfureux. Ainsi, en Normandie, la question du nucléaire qui n’est cependant pas du ressort de la région – a été éludée. Tandis qu’en Corse, où pas moins de trois mariages de raison (gauche, nationalistes, droite) ont été scellés, la problématique de l’indépendance de l’île de Beauté a été soigneusement évitée par les nationalistes Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni. Reste à savoir, en cas de victoire, jusqu’à quand.

Lire aussi : Elections régionales 2015 : le président de votre région a-t-il tenu ses promesses ?

  • Julie Saulnier
    Journaliste au Monde
2. Le 17 décembre 2015, par Josiane.GONNOT
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APRÈS LES RÉGIONALES, HOLLANDE RENONCE DÉFINITIVEMENT À LA PROPORTIONNELLE

POLITIQUE

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Après les régionales, Hollande renonce définitivement à la proportionnelle

Publié à 08h50, le 17 décembre 2015, Modifié à 18h18, le 17 décembre 2015

Après les régionales, Hollande renonce définitivement à la proportionnelle

ELECTIONS - Le chef de l'Etat estime que cela favoriserait trop le Front national aux législatives de 2017. Par ailleurs, il espère bâtir un accord électoral avec les écologistes.

INFO EUROPE 1 - A l'issue du premier tour, il s'était fait très discret. Au second, François Hollande aura adopté la même attitude. Le chef de l'Etat n'a toujours pas livré le moindre commentaire sur les résultats des élections régionales qui ont vu la droite remporter sept régions et la gauche en conserver cinq. Sa stratégie est claire : en conservant de la hauteur, François Hollande conserve l'habit du président de tous les Français. Ce qui ne l'empêche pas, en privé, d'avoir minutieusement analysé le scrutin et d'en avoir tiré plusieurs enseignements.

Pas de proportionnelle. Le premier d'entre eux, c'est qu'il est hors de question d'instaurer la proportionnelle lors des prochaines élections législatives, en 2017. Ni proportionnelle intégrale, ni même une part de proportionnalité, comme le proposait le rapport de la commission Jospin en 2012. Pourtant, François Hollande s'était engagé à mener cette réforme pendant sa campagne pour la présidentielle, notamment dans une lettre écrite à François Bayrou. Il promettait alors de rénover la vie publique en échange du soutien du président du MoDem pour le second tour.

Un rétropédalage annoncé. Ce renoncement, prévisible au vu des multiples reculades du gouvernement sur le sujet depuis le début du quinquennat, François Hollande s'y est résolu après avoir fait ses calculs. La proportionnelle permet de favoriser les petits partis, qui la réclament à corps et à cris. Si elle était instaurée en 2017, "ce ne serait pas les 35 députés Front National des législatives de 1986 que vous auriez, mais bien une centaine d'élus frontistes", explique le chef de l'Etat en privé.

Empêcher une candidature écologiste en 2017. Reste que ce rétropédalage va fortement déplaire à Europe Ecologie-Les Verts. Or, François Hollande ne peut se permettre de se passer de leur soutien en 2017. Les élections régionales ont en effet montré qu'une gauche divisée était distancée au premier tour. A la présidentielle, cela signifie une élimination pure et simple. Le chef de l'Etat a donc besoin d'empêcher une candidature écologiste. Il lui reste alors plusieurs options. D'abord, "les associer à un futur gouvernement, à condition que cela ne les divise pas". Autrement dit, une réintégration des Verts, qui ont claqué la porte en 2014 à l'arrivée de Manuel Valls à Matignon, suppose que tout le parti se range à la ligne de l'Elysée. Mais cela paraît fortement compromis, tant EELV se divise sur le sujet.

Bâtir un accord électoral avec EELV. François Hollande a donc un autre plan : construire un agenda vert avec Cécile Duflot, en associant cette dernière le plus étroitement possible à la mise en œuvre de la COP21 et de la transition énergétique.Cela lui permettrait de bâtir un accord électoral. Le chef de l'Etat aurait alors le champs libre pour la présidentielle, contre la promesse que les Verts sauvent leurs sièges de députés à l'Assemblée.

Mais difficile de construire une telle alliance alors que la question de Notre-Dame-des-Landes empoisonne les relations de l'exécutif avec les écologistes. En privé, François Hollande se montre bien moins catégorique que son Premier ministre.

Contrairement à Manuel Valls, il ne ferme pas la porte à un éventuel abandon du projet d'aéroport.

Cliquer sur : 
3. Le 22 décembre 2015, par Alain Coulombel

BIS REPETITA OU REPARTIR DE ZERO ? 

Elections municipales, départementales, européennes, l'échec aux élections régionales des listes conduites par EELV ou par le FDG ou par des listes mixtes confirme la crise profonde que traversent toutes nos formations politiques (aucune formule ne s'imposant à posteriori par son résultat).

Pour autant, seuls les naïfs ou les optimistes congénitaux pouvaient s'attendre à des résultats différents, tant les derniers mois ont été calamiteux, non seulement pour notre mouvement mais pour l'ensemble de la gauche. Aucun projet rassembleur, aucune perspective audible, mais des initiatives personnelles, de la communication politique à court terme ou le spectacle de tensions internes et de démarches contradictoires
Quand les mauvais résultats antérieurs, la poussée spectaculaire du FN aux municipales et aux européennes, la droitisation du débat politique, la dérive libérale et sécuritaire du gouvernement, auraient du nous porter à réagir collectivement, sans attendre du PS qu'il change ses principaux marqueurs, nous n'avons eu droit, de la part de nos organisations respectives, qu'à des démarches cosmétiques ou à des propos lénifiants sur la situation de la France.
Face aux bégaiements de la pensée politique, tout n'est plus que stupeur feinte et dynamique performative. On s'accable collectivement de la montée du FN, tout en la nourrissant avec gourmandise (voir les éditoriaux ou les manchettes de nos journaux) et fascination, puis on s'étonne, une fois encore, de cette poussée si prévisible. Montée du suspens, puis au moment du résultat, accablement et appel au « sursaut républicain »...
Comme si la passion démocratique n'avait plus d'autres ressorts pour mobiliser l'électeur que la perspective du « scénario catastrophe ».
C'est pourquoi, il n'est pas certain que les mauvais résultats de ces élections régionales, pour les écologistes comme pour la gauche dans son large spectre (en termes de pourcentage comme de nombre de voix), ne conduise à des comportements différents, tant l'inertie et le manque de créativité de nos organisations sont aujourd'hui patents. La fétichisation actuelle du cadre national est, à cet égard, symptomatique du processus de décomposition « idéologique » des partis politiques qui ont cessé d'être, depuis belle lurette, des outils émancipateurs. Tous nos repères vacillent. La droite se tourne vers les idées portées par le FN qui bénéficie d'une dynamique sur tous les territoires en imposant sa grille de lecture tandis que l'appel à faire barrage au FN devient le seul credo du PS et du gouvernement...
Certes, soyons en sûr, les appels au rassemblement, les « je vous ai compris », les « il faut changer d'orientation », ne manqueront pas, ni les effets d'annonce, ni les rencontres « au sommet », ni les « mains tendus ». Chacune et chacun déjà tournés vers la préparation des élections présidentielles considérées comme les seules élections qui vaillent.

1) EELV – Une crise sans précédent
Il serait dérisoire et contre-productif de cacher la profonde crise que traverse notre formation politique. Quant la création d'EELV (en 2010) avait suscité enthousiasme et espoir, depuis les non- choix stratégiques, l'opportunisme de certainEs et la manière dont notre organisation a été conduite, ces dernières années, nous ont mené à cette situation : aucune ligne politique, sinon dans les faits, un soutien sans faille du gouvernement et sa majorité ; aucune orientation stratégique de long terme ; le découragement des adhérents ; le départ de nombreux éluEs et la création d'une formation écolo concurrente, la division et la cacophonie au sein des groupes parlementaires, les difficultés financières...etc...
Tout cela, sans que nous réagissions et dans un climat national et international de plus en plus dégradé. En Europe et en France particulièrement, la montée des mouvements d'extrême droite se nourrit d'une actualité anxiogène où se combinent menaces fantasmées et réalité du terrorisme, mouvements migratoires et chômage de masse, précarisation et engagement militaire de la France au Moyen Orient et en Afrique...
Un cycle s'achève et nous ne pouvons plus nous abstraire d'une remise en question globale, profonde, sérieuse de notre utilité dans le champ du combat politique.
Si nous prenons au sérieux les résultats électoraux en France comme en Europe, alors tout devrait nous conduire à une profonde remise en question. Faire le bilan de ces dernières années et reprendre à zéro. Quelle radicalité ? Quelle cohérence ? Quelles valeurs ? Quels principes et quelles propositions prioritaires ? Comment être à la hauteur des enjeux actuels ? Et comment sortir de l'impasse actuelle ?
Tout reprendre et revisiter : la langue et les mots que nous utilisons, notre analyse du capitalisme, notre fonctionnement, notre rapport aux institutions...
Nous ne retrouverons de crédibilité à long terme que dans la cohérence de nos propos et de notre agir collectif, dans une vision renouvelée de notre propre pratique politique et en retrouvant les fils d'une pensée stratégique car « une politique sans stratégie ne peut être rien d'autre qu'une gestion apeurée d'un quotidien qui se répète » (Bensaïd).
Sommes-nous capables, avec d'autres, de construite un nouveau récit émancipateur – une nouvellepolitique de l'émancipation – qui serait à la mesure de la crise globale et sans fin que nous traversons ?

2) Pacte de stabilité et pacte de sécurité : les orientations dangereuses du gouvernement

« Les crises donnent souvent naissance à des législations d'exception mais, en général, elles sont supprimées lorsque la paix est de retour. Le problème, avec la guerre contre le terrorisme, c'est qu'elle n'aura sans doute pas de fin » (Antoine Garapon)
Depuis les attentats du mois de novembre, le gouvernement a clairement choisi sa voie : combiner le libéralisme économique et l'état d'urgence permanent. Un versant économique centré sur l'intensification de la production, la flexibilisation du marché du travail, la déréglementation au nom de la compétitivité de nos entreprises, la réduction du coût du travail ...Un versant politique centré sur le contrôle permanent des comportements individuels et collectifs, dont les modèles autoritaires (versus Chine et Russie) pourraient en quelque sorte représenter le schéma idéal : productivisme, consumérisme effrénée, corruption à tous les échelons de l'appareil politique, nationalisme massivement entretenu et politique sécuritaire.
Les contours de nos démocraties européennes évoluent sous la pression de l'urgence permanente. Ainsi, l'Etat d'urgence représente le nouveau modèle de gouvernement des populations. Le caractère biopolitique du pouvoir moderne (Foucault), consistant à gouverner la vie biologique des individus (via leur sexualité, leur santé ou leur fécondité), s'est renforcé de dispositifs de contrôle des populations (directs ou à distance) prenant le pas sur la contrainte disciplinaire des corps. Généralisation (à venir) des portiques de sécurité, vidéo surveillance, puces RFID, promotion des drones de surveillance, profilage et gestion génétique des populations, analyse des formes de vie, traçabilité des corps et des biens...
Un peu partout, en Europe, les niveaux de sécurité sont relevés et la gestion active des flux et des populations rigoureusement pilotées par le pouvoir : assignation à résidence, bâtiments publics fermés, contrôle d'identité renforcée, couvre-feu...etc...Le pouvoir fait de chacun d'entre nous, un suspect en puissance et « tout comportement qui déroge à la trame des activités habituelles signale une menace » (Chamayou).
En devenant prédictive ou préventive (comme la maintenance des machines), la justice accompagne la montée en puissance de l'Etat d'exception. « Elle repose sur une logique de suspicion – fondée sur des pronostics – et non plus sur une logique d'accusation – fondée sur des preuves. C'est grave, car il est impossible de prédire à l'avance tous les comportements humains » (Delmas-Marty).
Or, contrôler, diriger, retrancher de la communauté politique, un être humain, non pour le sanctionner d'un acte délictueux réalisé, mais pour l'empêcher de nuire, représente une « véritable déshumanisation ». Suspecter chacun d'entre nous d'une potentialité délictueuse ou dangereuse, globaliser et affiner les pratiques de renseignement, capter et renforcer les dispositifs de détection des signaux faibles, constituent des évolutions préoccupantes de nos démocraties.
Et rien dans les décisions actuelles du gouvernement ne permet d'envisager un retour critique sur la situation. Bien au contraire.

L'Etat d'exception sert de levier, au gouvernement et au PS, pour déplacer les lignes et fondre la gauche et les écologistes dans un magma sans consistance politique sinon la poursuite du statu quo et l'accompagnement d'un système devenu mortifère, régressif et violent. Nous devons prendre la mesure de toutes ces fissures qui travaillent nos sociétés et brouillent tous nos repères. L' Europe ? Mais quelle Europe ? Le peuple mais quel peuple ? La paix (la guerre) mais quelle paix et quelle guerre ? Quelle politique ? Quelles institutions et quelle démocratie ?
Il reste la peur en toile de fond et la gestion sécuritaire de 
la menace...

3) La montée du FN : un désir de communauté ?

On pourra toujours essayer de sonder l'inconscient et les motivations des électeurs du FN ou de la droite-extrême, trouver mille raisons pour expliquer leur choix : l'insécurité, la précarisation économique et sociale, le mal vivre, la solitude des banlieues, la déréliction et l'anomie...etc. Tout cela compte. Mais au delà de ces facteurs socio-démographiques, toujours conjoncturels, quelque chose de plus profond parcourt (tiraille) nos sociétés comme un désir de politique inextinguible, malgré ou à cause de la crise du politique. Un désir de sens, un désir de communauté (de communion, peut-être ?) qu'exprimerait à sa manière la forte poussée de l'extrême droite et du Front National.
Comme s'il s'agissait de faire retour, à travers ces quelques références datées, à une sorte d'unité perdue– cette communauté introuvable sur laquelle bâtir un semblant de cohérence quand tout dans le capitalisme n'est que fragmentation, aplatissement de toute valeur dans l'équivalence générale, passivité, désenchantement et dé-singularisation.
Car « ce qui nous arrive, selon Jean Luc Nancy, est un épuisement de la pensée de l'Un et d'une destination unique du monde ». Nous devons admettre la perte de sens commun et la peur que cela suscite. C'est pourquoi penser le sens indéterminé de la communauté, en dehors de toute référence à l'unité ou au repli identitaire, est un défi difficile mais qu'il faut relever. Et sur ce chemin, plus d'évidence ou de certitude, mais une pratique tremblée de l'action politique. A l'opposé de la logorrhée actuelle sur la République superlative - Une et Indivisible - englobant (aplatissant) les différences et s'imposant comme méta-sujet ou figure tutélaire. Tentation dont nous connaissons pourtant les méfaits historiques mais qu'alimentent, avec véhémence, tous les partisans du front : front démocrate, front républicain, front national ou front de gauche (?). Front contre front. Totalité bornée contre totalité bornée.
nu de la part des responsables politiques français, un tel déballage de référence à la République et à ses symboles (drapeau, hymne national, autorité républicaine), une telle propension à exhausser la Nation et ses attributs : une culture commune, une langue nationale, un cadre et des frontières nationales...

Or, ce désir d'un corps plein, d'un corps sans reste, est un désir vain, qui s'il meut les électeurs du front (de tous les fronts ?), ne peut, au final, qu'être déceptif et se retourner contre eux-mêmes (et contre nous). Quand Hannah Arendt pensait la politique à partir de la pluralité humaine transformée en commun, « la politique traite, disait-elle, de la communauté et de la réciprocité d'être différent », nous (re)pensons aujourd'hui la politique à partir du multiple mais pour lui donner le visage de l'Un. Re-constituer une indivisibilité factice, un peuple contre tous les peuples, c'est à cela que s'attellent le prédicateur, le maître, le chef de guerre ou le sacrificateur...
Face à cette situation, que peut encore l'écologie politique sous sa forme partidaire ? Et à quoi bon des écolos (qui peuvent être parfois poètes) en ces temps de détresse ? Doit-on repenser notre utilité à l'aune de ces nouveaux risques que représentent ce désir ineffable de l'un, de la clôture, ce désir de communion ou de communauté restreinte ?

Nous savons qu'il y a du sans-prix et du non monnayable, nous savons qu'il y a de la fragilité et de l'inéquivalence mais qu'il est difficile de faire une politique à partir de ce maigre savoir. C'est à cela pourtant que nous pourrions mesurer notre utilité : dans un monde qui se ferme et semble se donner à tous les aventuriers (démagogues, imprécateurs, folliculaires), qui ne cesse de produire de l'adhérence, du prêt à penser ou des éléments de langage - recréer de l'écart, soit les conditions de la critique et de la liberté.

Car, « La politique n'est pas tout (…) Mais elle doit rendre possible l'accès à tout ce qui la dépasse, c'est à dire tout ce qui met en œuvre le sens de l'existence, celle de chacun, celle de tous, celle du commun » (Jean Luc Nancy).

4. Le 22 décembre 2015, par mediapart

Mediapart.pngCe que Podemos dit de l’état de la gauche française

Médiapart- 21 décembre 2015 | Par stéphane alliès et François Bonnet

Soyons lucides, la gauche française est à court terme incapable de faire bon usage des leçons du vote espagnol comme, avant elles, du vote grec.

D'accord, Podemos n’est pas parvenu à « prendre le ciel d’assaut », (voir mon commentaire, ci-dessous *1) comme l’ambitionnait son slogan de campagne. Mais le mouvement est sur un petit nuage. Moins de deux ans après son entrée dans l’arène électorale (européennes de mai 2014, 8 % des voix), une grosse année après son congrès fondateur, Podemos a déjà réussi un exploit : dynamiter le vieux système politique espagnol construit au lendemain de la mort du dictateur Franco. Le bipartisme PP (droite)/PSOE (gauche) est à l’agonie. Ces deux formations ont réuni dimanche à peine plus de la moitié de voix (50,7 %) quand, depuis plus de trois décennies, elles totalisaient 70 à 80 % des suffrages.

Les esprits chagrins en France – et ils sont nombreux à gauche – noteront seulement que l’Espagne est devenue ingouvernable et que Podemos aura loupé son pari : devancer le parti socialiste (PSOE). Peu importe qu’il le talonne (20,6 % des suffrages et 22 % pour le PSOE), peu importe qu’une nouvelle ère politique débute en Espagne, tout aussi passionnante que celles qui se sont ouvertes en Grèce, avec Syriza, ou en Italie avec le Mouvement 5 étoiles, sans parler du Portugal qui expérimente depuis un mois une étonnante coalition des gauches.

Nos conservateurs de droite et de gauche crieront au populisme inepte, promettront un feu de paille, dénonceront démagogie et confusion. Ils avaient fait de même avec Syriza puis avec l’arrivée à la tête du parti travailliste anglais de Jeremy Corbyn. Et ils retourneront aussitôt dans leurs petites cuisines pour y entretenir leur seule obsession : l’élection présidentielle de 2017.

C’est une réaction de survie compréhensible, tant le miroir que tendent Podemos et d’autres mouvements progressistes européens est accablant pour les gauches françaises. Voilà que l’Espagne montre à son tour que des alternatives peuvent se forger, que la politique peut être réenchantée, que le seul choix n’est pas entre l’extrême droite raciste et des gouvernements néolibéraux, comme tentent de nous en convaincre aujourd’hui François Hollande et Manuel Valls.
Podemos n’est qu’une histoire espagnole, sans comparaison possible avec la situation française, nous disent encore ceux qui veulent briser le miroir. Oui, pour partie, mais évidemment non. Car ce qui s’est construit en Espagne depuis 2011, depuis le mouvement des indignés et ses prolongements politiques, l’a été sur des bases étonnamment communes aux deux pays :

– D’abord une crise financière et économique sans précédent depuis 1929. Articulée à la bulle immobilière espagnole, sa violence fut certes sans commune mesure en Espagne, où le taux de chômage (20 %) reste aujourd’hui près du double du taux français (10,5 %). Mais nous avons en commun les précarités érigées en règle nouvelle du salariat, les déstructurations en profondeur de l’État et de ses systèmes de protection, l’installation durable dans un chômage de masse sur fond d’évasion fiscale des grandes entreprises et de toute-puissance du système financier.

– Ensuite un rejet massif d’une classe politique minée par les scandales de corruption, par un sentiment d’impunité généralisée. Ajoutons à cela les cumuls de mandat, des carrières politiques qui se comptent en décennies, une incapacité à renouveler les dirigeants comme à représenter des catégories entières de populations, et nous avons ce que Podemos appelle « la caste ». Pour le coup, notre oligarchie typiquement française à laquelle s’ajoutent des dirigeants politiques insubmersibles peut sembler pire encore que cette « caste » espagnole.

– Enfin, une crise institutionnelle tout aussi grave dans les deux pays. Le régime issu de la Transition post-franquiste est à bout de souffle. Il organisait un bipartisme de fer articulé à un centralisme niant les identités régionales : le voilà incapable de répondre aux nouvelles demandes sociales et politiques. Notre Ve République est dans un état pire encore. Le mode de scrutin majoritaire aux législatives, combiné à l’hypertrophie présidentielle, étouffe tout renouvellement et ne parvient même plus à enrayer la progression d’une extrême droite désormais installée au centre du paysage.

Alors que s’est-il passé pour que partant de considérants semblables – crise économique, crise de la représentation politique, crise institutionnelle – une alternative crédible s’installe en Espagne quand les gauches françaises – c’est-à-dire les formations à la gauche du parti socialiste – se réduisent à quelques chapelles en ruines ? Et que peut nous apprendre aujourd’hui Podemos, comme l’avait fait hier Syriza, de ces échecs à répétition ?

« La gauche française doit changer »

« La gauche française doit changer, elle doit aussi changer les personnes, il lui faut trouver des réponses à l’extérieur du champ politique et des partis, il lui faut construire des leadership au pluriel qui ouvrent plusieurs voies », notait récemment Juan Luis Monedero, invité de notre émission « En direct de Mediapart » (voir vidéo ci-dessous). En une phrase, presque tout est dit. Fondateur de Podemos, en retrait aujourd’hui de sa direction mais toujours très influent, Monedero rappelait aussi ce que fut un des slogans de Podemos lors des élections européennes de 2014 : « Quelle est la dernière fois où tu as voté avec un rêve ? »

                            VIDEO - Sur Mediapart, Juan Carlos Monedero est face à la gauche française : Isabelle Attard (députée citoyenne), Julien Bayou (EELV) et Danielle Simonnet (Parti de gauche):

        https://www.youtube.com/watch?v=SWPR-s5jfZ0

Les rêves français se sont évanouis depuis longtemps. Les formations de gauche, obnubilées par les stratégies de conquête du pouvoir dans le cadre fou de notre monarchie républicaine – ou d’alliances pour y participer –, ont depuis oublié l’essentiel : la société, le projet et l’attention au neuf, à ces multitudes de dynamiques émergentes qui viennent faire mourir l’ancien.

Par conséquent, il semble qu’il n’y a plus rien à attendre de leurs responsables. Congrès après congrès, élections intermédiaires après élections intermédiaires, la gauche, dans ce qu’il reste de sa pluralité, ne semble pouvoir être capable que de s’accorder sur le vote de l’état d’urgence et la vision défensive d’une république creuse et à bout de souffle.

Point de Syriza, de Podemos ou de Corbyn à venir. D’abord parce que la gauche est au pouvoir. Ou, plus précisément, parce que le pouvoir en place a été élu par la gauche. Ensuite, parce que l’austérité se fait moins brutale, et le bouc émissaire à la crise économique (le musulman) bien plus évident. Enfin, parce que l’extrême droite domine intellectuellement le paysage.

Et puis la France n’est pas entrée en guerre au début des années 2000. En même temps que l’altermondialisme, qui culminait alors chez ceux qui refusaient l’évolution de la social-démocratie européenne, des générations militantes se sont construites dans ces mobilisations pacifistes appelant à repenser les rapports nord-sud. Aujourd’hui, alors que la France s’est à son tour lancée dans « la guerre au terrorisme », où sont les manifestations ?

La question posée aux partis politiques de la gauche française est aussi insoluble au regard de son histoire politique. Depuis la révolution française de 1789, les élites gouvernantes du pays sont rétives à l’idée de parti de masse et de mobilisation générale de la société. On y préfère les clubs et les organisations d’avant-garde, ou encore des partis dont les responsables se construisent par leur capacité à conserver un appareil et à faire une carrière d’élu.

Un exemple ? Depuis vingt ans, les écologistes français n’ont jamais pris soin de faire de leur formation un mouvement de masse, attirant, intégrant des militants en nombre, mais aussi sachant apprendre des innombrables formes nouvelles de mobilisation et d’engagement. EELV demeure un petit jeu à quelques milliers de militants, pratiqué selon des règles incompréhensibles, et dont la conquête électorale semble être le seul carburant.

Le résultat ? La production, comme dans les autres partis, de « professionnels de la politique » et de quelques graves incongruités comme Jean-Vincent Placé. À qui fera-t-on croire que l’actuel président du groupe EELV au Sénat est écologiste, quand il est depuis un quart de siècle en politique avec un parcours digne d’un mini Edgar Faure de la IVe République ? Ce serait faire un mauvais procès que de décrire EELV absent des luttes locales, désertant les grands combats écologistes et aveugle aux mouvements sociaux. Mais force est de constater qu’il n’en fait rien et que chacune de ses tentatives de s’ouvrir en grand aux forces de la société ont été bloquées par des manœuvres d’appareil visant d’abord à préserver les équilibres de pouvoir internes.

« Changer les personnes, trouver des réponses à l’extérieur du champ politique », dit Monedero. Aux tentatives sans lendemain d’EELV s’ajoutent le surplace du parti de gauche et l’épuisement de son partenariat avec d’autres formations au sein du Front de gauche. Orateur de talent, animateur charismatique de la campagne présidentielle 2012, Jean-Luc Mélenchon et les siens n’auront pu transformer l’essai réussi au premier tour de la dernière présidentielle. « Le Front de gauche ressort considérablement affaibli électoralement, moralement et financièrement des élections régionales ! » notait récemment Jean-Luc Mélenchon sur son blog. « Il est d’autant plus urgent de proposer une méthode de rechange que celle-ci s’est épuisée de l’avis général. »

Tout occupé à construire un espace entre le PS et le PC (lui-même d’abord obsédé par son nombre d’élus qu’il doit à ses alliances avec le PS), Mélenchon s’est battu selon les règles obsolètes de la vieille démocratie partidaire quand les engagements collectifs se font désormais ailleurs. L’a-t-il compris trop tard en abandonnant la présidence du parti de gauche pour lancer le mouvement pour la VIe République ? Lui aussi obsédé par la présidentielle, tenant d’une conception verticale et avant-gardiste de la lutte politique, l’ancien dirigeant socialiste n’est pas plus parvenu à fédérer ce qui aurait pu constituer une alternative large et plurielle.

Nouvelles mobilisations

Le constat est aujourd’hui sinistre pour les forces se positionnant à la gauche du parti socialiste. Le quinquennat de François Hollande, s’il laisse le PS exsangue, les aura également dissoutes. Évoque-t-on la façon dont Podemos s’est appuyé sur le mouvement des indignés, et les responsables français soupirent en soulignant qu’aucune mobilisation sociale comparable n’a eu lieu en France. L’explication est un peu courte.
Podemos ne s’est pas seulement construit sur les immenses mobilisations des Indignados. Partout en Espagne ont émergé des collectifs citoyens nés de luttes locales sur des questions aujourd’hui largement négligées par les partis français : santé, éducation, aménagement, logement et expulsions, banques. Et ce sont ces dynamiques venues de la société, entretenues par ces collectifs qui ont construit des débouchés politiques (lire ici le reportage de Ludovic Lamant sur les « marées citoyennes » en Galice).
De telles luttes ont aussi lieu en France aujourd’hui. Pas seulement à Notre-Dame-des-Landes ou à Sivens. De nombreux collectifs ont émergé dans les quartiers populaires qui demeurent pourtant obstinément relégués dans l’angle mort de la politique française. Attac ou Transparency International ont porté le débat public contre les politiques des banques, les paradis offshore et l’évasion fiscale.
D’autres associations ont défendu les lanceurs d’alerte. D’autres encore ont expérimenté de nouvelles formes de lutte syndicale. D’autres ont popularisé et défendu les vrais enjeux de la COP21 (voir ici notre émission). D’autres enfin ont bataillé contre la loi instituant une surveillance généralisée et dénoncent aujourd’hui les innombrables excès de l’état d’urgence, état d’urgence pourtant voté par la quasi-totalité des parlementaires écologistes et communistes...
Ce sont ces types de lutte qui, à Grenoble, ont permis la construction d’un collectif politique capable d’emporter la ville lors des dernières municipales. C’est l’exemple unique en France d’une construction politique issue de telles mobilisations où une attention toute particulière fut portée à la mise en place de pratiques politiques nouvelles : renouvellement ; non cumul des mandats ; comptes rendus de mandat et procédures révocatoires.
D’ailleurs, s’il ne devait y avoir qu’une seule leçon à retenir de l’expérience Podemos pour les gauches françaises, c’est bien celle d’un Pablo Iglesias intervenant dimanche soir pour affirmer la priorité absolue de réformes institutionnelles en vue de mettre fin à une crise de régime (réforme du système électoral et droit de révocation du chef de gouvernement, à mi-mandat).
En France, un tel sujet s’est toujours heurté aux railleries des pouvoirs en place, au prétexte que « ça ne remplirait pas les frigos des gens ». Assertion imparable de la part de ceux qui n’ont, par cette pirouette, aucunement besoin de remettre en jeu le pouvoir qu’ils accaparent. C’est aussi sur le personnage même d’Iglesias que les élites de la gauche française feraient bien de s’interroger.
Un jeune universitaire, élu eurodéputé avant de laisser son siège pour cause de « mandat tournant », faisant l’impasse sur les municipales pour soutenir des plateformes citoyennes pourtant critiques à son égard, avant de venir concurrencer un parti social-démocrate sans exclure de pouvoir partager le pouvoir avec lui... Sans présumer de ce que sera l’avenir politique de Pablo Iglesias, un tel profil est tout simplement inexistant dans la gauche française aujourd’hui. Pire, il ne pourra surgir tant que la gauche française défendra ou justifiera la “professionnalisation politique”, faisant de la vie publique un métier et de l’indemnisation de son engagement une aliénation.
De même, tant que son personnel politique ne mettra pas à bas la logique du cumul des mandats, y compris et surtout dans le temps, aucun renouvellement générationnel ni aucune diversification sociologique de la gauche française ne sera possible. Enfin, tant qu’elle fera de la démocratie représentative la seule expérience possible de l’exercice du pouvoir, elle se condamne à contempler un système médiatique et sondagier tout entier acquis à sa perte.
Étouffées dans leurs vieux habits partidaires, les formations de gauche ne peuvent seulement s’en prendre à la puissance mortifère des institutions et aux habiletés tactiques de François Hollande. Podemos est issu de dynamiques sociales mais aussi d’un long travail théorique et politique qui fait cruellement défaut à la gauche française (lire ici notre enquête La boîte à idées des intellos de Podemos).
S’appuyer sur la société et sur les nouvelles manières de s’engager ; renouveler en profondeur les pratiques politiques ; reconstruire un projet en s’adressant prioritairement à des populations aujourd’hui systématiquement ignorées (jeunes, salariés précaires, classes populaires issues de l’immigration) : les pistes sont là, évidentes et d’ailleurs souvent montrées par des responsables politiques. Mais des responsables qui les oublient aussitôt, pour préserver leur pré carré ou préparer une fois encore la prochaine échéance électorale. Dès lors, tant que la gauche française ne s’intéressera pas sérieusement à elle-même et à l’émergence de ceux qui la feront renaître sans ceux qui l’ont fait mourir, tirer des leçons d’expériences étrangères ne servira qu’à amuser une galerie de la non-évolution.
5. Le 06 janvier 2016, par Renée Alice

Regards du PG sur les régionales ) par Martine BILLARD

Dont intéressantes considérations autour des alliances et configurations de listes en présence

http://www.martine-billard.fr/post/2015/12/26/Quelques-r%C3%A9flexins-de-bilan-des-%C3%A9lections-r%C3%A9gionales-et-de-la-s%C3%A9quence-2012-2015

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