Pour la secrétaire nationale d'Europe Ecologie - Les Verts,
la cause écologique n'est pas perdue en cas d'arrivée de la gauche au pouvoir, malgré les difficultés autour de la campagne d'Eva Joly, qu'elle soutient avec force. Cécile Duflot fait le point sur ce qu'elle espère de François Hollande, évoque une éventuelle participation gouvernementale, reste perplexe face à la planification écologique défendue par Jean-Luc Mélenchon.
Entretien.

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Cécile Duflot : «Peut-être qu'il n'y aura pas de ministres écologistes»

16 avril 2012 | Par Stéphane Alliès et Lénaïg Bredoux

dont voici quelques extraits :

MED Au-delà de l'explication avancée que l'élection présidentielle n'est pas calibrée pour les écologistes, quelles leçons tirez-vous de cette campagne où vous peinez à vous faire entendre ?

!!Cecile DUFLOT : On ne pourra faire un bilan complet qu’après le 22 avril.

(...) Ce que dit Eva Joly, sa capacité à incarner l'éthique, la constance de ses positions, sa détermination à faire campagne jusqu’au bout malgré un nombre significatif d’embûches, peuvent forcer l’admiration. En tout cas, la mienne. On ne peut donc pas tirer de bilan définitif.

En revanche, on peut déjà dire que la campagne présidentielle de 2012 est très étonnante.

Parce qu’elle a, à la fois, repris des canons d’anciennes campagnes avec des meetings, des orateurs et une surenchère sur le nombre de participants, et qu’elle se polarise sur des sujets complètement périphériques.

On est dans une crise financière et systémique d’ampleur, on est dans une crise climatique, sans parler des risques pesant toujours sur Fukushima ; et on n’en débat quasiment pas. Pas plus que des enjeux industriels sur les énergies renouvelables.

On a aussi une campagne, qui peut rappeler l’affaire des diamants de Bokassa (touchant Valéry Giscard d’Estaing en 1981, ndlr), avec des suspicions considérables pesant sur un président de la République candidat, dont on a l’impression qu’elles tombent sur un tapis de mousse. A part Eva Joly, personne ne s’empare de ces sujets.

Enfin, on n’arrête pas de faire des articles pour dire que l’écologie disparaît des écrans. Or elle subsiste justement via ce débat, qui consiste à savoir pourquoi on n’en parle pas ! Il y a là un impensé très fort. Mais quand on en est à faire une semaine de campagne sur le permis de conduire, on se demande pourquoi pas sur le contrôle technique la semaine prochaine...

MED: Comment expliquez-vous cet impensé ?

Il y a une forme de tétanie collective par rapport aux enjeux. Il faut une énergie politique et une forme de courage pour les affronter. C’est un peu comme dire à la barre d’un paquebot qu’on ne va pas tourner un peu à droite ou à gauche mais donner un coup de gouvernail progressif mais très puissant. Dans une campagne où le choix des deux principaux candidats, et notamment celui de l’alternative, en l’occurrence François Hollande, a été de choisir la prudence comme valeur cardinale, c’est structurellement impossible. C’est une campagne de caractères, et pas une campagne de projets, de propositions, même pas de programmes.

Je peux comprendre ce choix : Hollande a fait le pari du calme et de l’apaisement après l’agitation d’un président de la République dont on avait l’impression que son caractère donnait des embardées politiques considérables avec pour seule constante d’aider ses propres amis, sans ligne ni libérale ni vraiment autoritaire. Nicolas Sarkozy a tellement hystérisé la vie politique que François Hollande a intuitivement perçu cette nécessité de calme, qui correspond d’ailleurs à son caractère. C’est aussi sur ces qualités là qu’il a paradoxalement été choisi. C’est logique.

En même temps, cela a ouvert un espace à une autre figure de la gauche, incarnée avec un talent personnel par Jean-Luc Mélenchon, mais qui est dans un impensé tout aussi grand. Il le résout d’une tout autre manière en disant : “Voilà tout ce qu’il faut faire, mais sans moi, car je ne vais pas au gouvernement et nos programmes sont incompatibles.”

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Et au milieu de tout cela, on a les écologistes avec une forme de naïveté presque croquignolette, avec leur gros projet bien travaillé, qui disent que la crise financière est aussi écologique, et est surtout une crise d’un modèle de développement. Le risque, c’est que cette campagne présidentielle soit une petite bombe à retardement. Parce que finalement rien n’aura été réglé dans cette campagne. Si François Hollande est élu, on aura soldé une des questions : se débarrasser de Nicolas Sarkozy et avoir un président plus calme. Mais cela ne dira rien sur le mandat réel qui lui est donné. Cela risque d’être une faiblesse structurelle très forte des années qui viennent.

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Renée Alice: