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Possibilités de déplacements collectifs envisagées au départ d'ANNECY+, AIX les BAINS et CHAMBERY : Janie 06 32 12 82 95

Et pour LIRE :

"L'ECOLOGIE , C'EST LE VRAI CHANGEMENT !" (Numéro unique - AVRIL 2012) - <evajoly2012.fr>-

INTERVIEW exclusive d'Eva Joly

CLIQUER SUR :

EELV_Eva_ecologie_hebdo_01-04-12.pdf

-les 6 priorités d'EVA JOLY y figurent et lisez entre autres...

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- Le Choix du COURAGE : billet d'Humeur de Cécile DUFLOT
( en page 1).ainsi que -SARKOZY IMMIGRATION : LE COUP de GUEULE de Dany (en page 6)

De même que :

page 14, Eva Joly par Eric-Emmanuel Schmitt intitulé "LE RAYON VERT" paru dans TELERAMA ... assorti d'un portrait d'EVA d'une rare sensibilité !

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Et que :

-SI EVA FAIT UN BON SCORE LE P.S. NE POURRA PAS S'ENDORMIR SUR SES LAURIERS !- ainsi que "Egalité HOMMES /FEMMES" : EN AVANT TOUTES !

- EMPLOI : Grand angle en pages 4 et 5 (EMPLOIS VERTS : INFO ou INTOX ?) -Grèce : Retour sur le MARATHON d'Eva JOLY (en page 6) ainsi que "METTRE LA FINANCE à SA PLACE" et encore : ""COUPER l'HERBE SOUS LES PIEDS" des DEALERS...

-HADOPI , ACTA Les Internautes sont-ils vraiment des voleurs ?, LOYERS : le JUSTE PRIX, AU QUOTIDIEN, CES JEUNES qui galèrent... - Collège : STOP à la compète ! et "COUPER l'HERBE SOUS LES PIEDS des DEALERS !

GAZ de SCHISTES : NO GAZARAN !, PESTICIDES : ILS N'EN VEULENT PLUS ! ainsi que José Bové : LE MONDE AGRICOLE VA MAL! QUELLES PROPOSITIONS. ?

OGM : "Les Abeilles ONT LE BOURDON", et EAU: "Marseille : LES ONG CONTRE Les MULTI-NATIONALES" ainsi que

"PRESIDENTIELLES 2012 : LE CLIMAT N'EST plus DE SAISON !" de même que "NUCLEAIRE, l'EPR dans l'IMPASSE."..++ "

Autant de soucis citoyens cruciaux, pourtant pour la plupart, allègrement passés par pertes ou profits ! ou sous-estimés par le GRAND NOMBRE des autrescandidats ...

Renée Alice

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++A la LUMIERE de PÄQUES... et quand la sincérité, la fiabilité le pouvoir de conviction et l'aura d'EVA. ! éclairent d 'un JOUR NOUVEAU, le CHEMIN ...

pour "RECONSTRUIRE NOTRE MONDE COMMUN !"
Sans démagogie aucune...

... les lecteurs les plus motivés liront aussi CET AUTRE (LONG ENTRETIEN (également très intéressant,:) réalisé par

Par Marc Endeweld, Jérôme Anciberro

Pour TEMOIGNAGE CHRETIEN " Présidentielle TC n° 3486 30 mars 2012

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La candidate écologiste à l’élection présidentielle revendique volontiers sa singularité dans le monde politique français et son désir de faire bouger les lignes.

TC : ''À deux reprises dans cette campagne, vos déclarations ont suscité des réactions particulièrement vives : lorsque vous avez proposé de créer de nouveaux jours fériés prenant en compte des traditions religieuses non-chrétiennes, et lorsque vous avez suggéré de supprimer le défilé militaire du 14 juillet. Comment interprétez-vous ces réactions ?''

Eva Joly : Les sociétés et les États se construisent en partie autour de mythes et de tabous. C’est normal et c’est utile. Mais il y a des moments où certains mythes deviennent des obstacles à l’évolution des pays. Parmi les mythes et tabous français – j’utilise ici le mot tabou au sens psychanalytique du terme –, il y a l’idée de « grande nation », l’armée, l’énergie nucléaire, la laïcité…

Lorsque je dis que la Révolution française, ce n’est pas l’armée mais le peuple, et que nous pouvons commémorer cet événement autrement qu’en faisant défiler nos soldats, c’est quelque chose que je pense très profondément. Cette image militaire de la France est inadaptée au monde de 2012.

__Notre pays a des choix à faire, des évolutions à porter qui demandent une autre vision du monde. C’est flagrant en politique étrangère. Vous oubliez d’ailleurs une autre proposition qui m’a valu un beau concert de protestations : lorsque j’ai dit qu’il fallait revenir sur le droit de veto++ de tous les pays au Conseil de sécurité de l’ONU. L’ironie du sort veut qu’à peu près au même moment la société internationale n’arrive pas à intervenir en Syrie et laisse Bachar Al Assad tuer sa population, tout en étant protégé par les vétos russe et chinois.__

On a l’illustration sous nos yeux des conséquences de l’idée même de véto, et tout se passe comme s’il y avait une incapacité à comprendre le lien entre notre droit de véto et celui des Russes. !

TC: Vous avez évoqué la psychanalyse… On a parfois l’impression que vous prenez un malin plaisir à attirer l’attention des Français sur des choses qu’ils n’ont pas envie d’entendre. C’est un peu risqué dans le cadre d’une campagne électorale…'

Je ne suis pas entrée en politique pour faire carrière mais pour faire passer des idées. Il faut bien que quelqu’un commence à dire certaines choses pour que ça change. L’intérêt que les médias ont pour moi confirme que cette parole, au minimum, intrigue et qu’elle n’est pas si facile que ça à éliminer. Nous devons opérer une mue, et je ne suis pas sûre que ce soit en invoquant Jaurès et la Commune de Paris à la Bastille que nous pourrons le faire.

TC : Un mot revient comme un leitmotiv dans votre projet présidentiel, c’est le mot « diversité ». Vous employez même facilement des expressions comme « société cosmopolite », « société multiculturelle » qui sont politiquement chargées.

Notre monde commun a été détruit, et je veux travailler à le reconstituer. Je pense que le discours actuel autour de l’immigration est très pervers. Lorsque Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy, Claude Guéant ou d’autres parlent de lutte contre l’immigration en ajoutant « illégale », « cachée », ce que les gens entendent, c’est « lutte contre les immigrés », qu’on le veuille ou non. Cette « lutte » rencontre un écho chez les classes moyennes qui habitaient avant dans des banlieues et des copropriétés aujourd’hui dégradées, des gens qui ont perdu un monde connu, des relations de voisinage simples… Si Marine Le Pen est dangereuse, c’est parce qu’elle récupère ce sentiment et désigne des boucs émissaires. Et quand vous désignez des boucs émissaires, vous touchez à quelque chose de très puissant et d’infiniment dangereux. La réalité de notre pays, c’est que nous som­mes de toutes les couleurs.

Et la réalité de l’exercice du pouvoir, c’est que ces couleurs-là, vous ne les trouvez pas dans les conseils d’administration des grandes sociétés, dans les grands corps de l’État, au sein du gouvernement… Sans être sociologue, on peut le voir à l’œil nu et sentir à quel point c’est intenable. Si l’on continue à stigmatiser et à exclure, cela va mal finir .

TC :On va vous répondre qu’en France, au regard de la loi, tout le monde a les mêmes droits…

Moi qui suis une privilégiée, qui ai des enfants privilégiés, et des petits-enfants privilégiés, je peux vous dire que cela n’est pas vrai. Prenez l’exemple de l’école… Les enfants du centre de Paris vont dans des écoles où il y a assez de maîtres, où le taux de réussite au baccalauréat est de 95 %, alors qu’à Clichy-sous-Bois, il y a des classes où les enseignants ne sont pas remplacés pendant des mois. Le droit à l’enseignement n’est donc pas respecté. En plus, notre système scolaire est fondamentalement une usine à distiller les élites. Nous produisons quelques milliers d’individus destinés à diriger le pays, et nous sacrifions les autres.

TC : Vous touchez là à un autre tabou français : celui de la méritocratie.

OUI, d’ailleurs quand j’ai suggéré qu’il fallait supprimer les Grandes écoles, tout le monde m’est tombé dessus… En Allemagne ou dans les pays nordiques, l’idée même qu’on puisse organiser le système scolaire dans ce sens susciterait la révolution ! Il existe des systèmes d’enseignement où ce qui compte, c’est de ne laisser personne au bord de la route. L’élève qui est bon s’occupe des autres. Il y a une éducation à l’inté­rêt collectif. On ne connaît pas ce système français où tout le monde est en compétition avec tout le monde. Et je n’ai pas l’impression que ces sociétés en souffrent.

TC: Dans votre projet présidentiel, vous proposez une sorte de big bang institutionnel, en particulier une redistribution radicale des pouvoirs en faveur des collectivités territoriales. Pourquoi ?

Pour donner des couleurs à notre démocratie, qui est tout de même un peu pâlotte… Les citoyens doivent prendre leur destin en main. La France est un pays extrêmement centralisé. La démocratie doit se vivre à tous les échelons. Pour cela, il faut que les pouvoirs soient mieux distribués. Les régions sont à cet égard un échelon particulièrement intéressant, notamment parce qu’elles sont déjà intégrées dans les politiques européennes.

TC: Vous appelez d’ailleurs à la mise en place d’une Europe fédérale. Mais l’Europe a été aussi un espace de développement du néolibéralisme, et les peuples réagissent vis-à-vis d’elle en fonction de cette situation…

Mais on en est arrivé là aussi parce que l’Europe reflète les majorités politiques des États. Sur 27 pays, il y en a 24 qui sont gouvernés par la droite. Comme la Commission est sous la domination du Conseil, nous n’arrivons pas aujourd’hui à impulser des réformes pourtant nécessaires.

TC: Pour vous, ce n’est donc pas un problème structurel ?

Non, cela peut tout à fait basculer. Cela pourrait être le cas si la France passait à gauche prochainement et l’Allemagne en 2013. Le nouveau couple franco-allemand pourrait alors porter une Europe beaucoup plus proche des peuples. Je pense d’ailleurs que nous pouvons conduire des évolutions européennes à traités constants. Mais il est vrai qu’il faudrait un nouveau traité pour dire très clairement où nous voulons aller pour défendre les peuples.

TC: Vous proposez quant à vous un « pacte européen social et écologique ».

Pour construire l’Europe, il faut un rêve européen. Ce rêve a été d’abord un rêve de paix, puis un rêve de prospérité – et on peut créditer l’Europe d’avoir permis de préserver cette paix, et d’avoir assuré la prospérité de certains. Mais aujourd’hui, il faut un nouveau rêve. Et mettre en commun notre endettement, cela ne fait rêver personne. Je voudrais porter ce nouveau rêve européen qui est pour moi le rêve d’une reconversion écologique, vers une société inventive, autonome énergétiquement et qui ne détruit plus l’environnement.

TC: Vous prétendez que l’écologie est la solution à la crise, et vous évoquez la possibilité de créer un million d’emplois en France. N’est-ce pas très optimiste ?

__!e constate que lorsque je dis que nous pouvons créer un million d’emplois***, on ne me croit pas. Cela veut simplement dire que nous sommes devenus incapables de penser l’économie autrement que dans les cadres de l’industrie classique. Mais mes propositions sont très documentées. Elles prennent en compte les pertes dans certains secteurs industriels, comme l’automobile ou le nucléaire. La moitié de ces créations d’emploi proviendront de la reconversion écologique et énergétique. Les énergies renouvelables peuvent représenter 140 000 emplois et l’isolation et la construction des bâtiments 440 000. 450 000 emplois pourraient être créés dans des services utiles au «mieux vivre ensemble » : prise en charge de la dépendance, crèches…

TC: Comment réagissez-vous aux déclarations de François Hollande qui a expliqué qu’il ne fermerait qu’une seule centrale nucléaire durant son quinquennat, celle de Fessenheim ?

Je réagis en disant à tous les Français que s’ils veulent que cela change vraiment, c’est pour moi qu’il faut voter. Et cela est possible sans mettre en péril l’alternance.

TC: Est-ce que vous vous sentez révolution­nai­re ?

Ce n’est pas le mot que j’emploierais. Je pense que c’est en demeurant dans le système, mais à la marge, que l’on est le plus efficace. Ma place est là.

C’est ce que j’ai fait dans le domaine de la justice. Avec les outils disponibles, en l’occurrence la loi, j’ai donné à voir quelque chose d’important autour de l’affaire Elf, même si je ne suis pas sûre que cela ait bien été compris.
Aujourd’hui, je fais partie du système politique, je suis assez bien intégrée à EELV et je profite de cette place pour porter une vision différente. Ce que je veux, c’est que la France soit exemplaire, en matière environnementale, démocratique, dans ses rapports avec le reste du monde. Nous en sommes loin aujourd’hui. Notre démocratie tourne pour une élite arrogante et improductive qui ne rend plus les services qu’on pourrait attendre d’elle.

TC: Comment expliquez-vous cette dégradation démocratique ?

Je crois que la valorisation de l’individualisme, de l’immédiateté et du plaisir à court terme qui se sont imposés à travers les médias de masse est extrêmement dangereuse. Pour moi, cela s’oppose à l’idée même de désir et au processus fragile de l’humanisation de nos so­ciétés. Il faut re­lire Elias Canetti, qui, en 1960, expliquait dans Masse et puissance que le fait de devenir des personnes cons­cien­tes, di­gnes et aimantes ne relevait pas d’une évolution né­cessaire de l’humanité.

Le développement de la personne passe par une résistance aux facilités de la culture massifiée. Ce sont aussi là des idées d’Emmanuel Mounier que j’ai découvertes à travers les écrits d’une philosophe norvégienne, Nina Karin Monsen.

TC: Quel est votre rapport personnel à l’idée de progrès technique ?

Il y a un piège énorme qui est très présent dans notre civilisation, c’est ce que les Grecs appelaient l’hybris, cette idée que nous aurions le droit de faire tout ce qui est en notre pouvoir. C’est ce qui se passe avec l’atome, qui est pour moi la quintessence du progrès dévoyé, de la folie des hom­mes. Imaginez : la société finlandaise a mis 9 000 ans à se développer. En vendant l’EPR à la Finlan­de, nous leur imposons une gestion des déchets pour 100 000 ans. Quelle langue parlera-t-on dans 100 000 ans en Finlande ? Et en France ? Comment communique-t-on avec des personnes qui vont être là dans 100 000 ans pour leur expliquer la manière dont il convient de gérer des déchets nucléaires ?

Aujourd’hui, on découvre que les centrales nucléaires polluent l’eau, qu’il y a des fuites dans les nappes phréatiques. Tout cela a été dénoncé par les écologistes depuis longtemps, mais on a jugé cela non pertinent car opposé au « progrès ».

Les Français, pour des raisons culturelles et institutionnelles (centralisation, système des grands corps de l’État), sont particulièrement vulnérables à cette idéo­logie du progrès. Je me souviens de ren­contres au Parlement européen avec Jean-Claude Trichet (ex-président de la BCE, ndlr) qui parlait d’inflation. Quand Pascal Canfin (député EELV, ndlr) lui a demandé ce qu’il comptait faire de l’inflation avec la pénurie à venir des matières premières, il a répondu que « d’ici là, la science aura trouvé des solutions ».

J’ai compris que pour ce dirigeant européen de premier plan, issu des filières de l’élite à la française, le long terme, c’était deux ans. Au-delà, c’était le flou total, le brouillard, la foi pure dans la technique…

TC: N’y a-t-il pas cependant une contradiction chez une partie des écologistes, qui, d’un côté, résistent volontiers lorsqu’on s’attaque à la nature (pollutions, OGM, brevetabilité du vivant…) et, de l’autre, semblent se fondre dans l’idéologie progressiste lorsqu’il s’agit de l’humain ?

C’est une question complexe. Certaines manipulations semblent nécessaires à la recherche et à la lutte contre certaines maladies. Je pense que la recherche est importante. Les êtres humains font aussi des choses magnifiques, il y a des prouesses dans tous les domaines, tout cela est assez magique. Mais il s’agit bien sûr de rester vigilant et de prendre en compte le long terme. Ce qui n’a rien d’évident, je vous l’accorde volontiers.

Retransmission :
Renée Alice