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Par Renée Alice le 06 janvier 2012, - Forces en présence et Nouvelles du Front - Lien permanent
Coronado : Bayrou prend les Français pour des zozos

Sergio Coronado juge que "la politique d'évitement ne fonctionne pas".
(MaxPPP)

Interrogé par Anne-Charlotte Dusseaulx - leJDD.fr
jeudi 05 janvier 2012 :
- "Eva Joly avait lancé un appel à François Hollande, Jean-Luc Mélenchon et
François Bayrou en vue du second tour de la présidentielle. Ce dernier a dans
la foulée rejeté cette proposition arguant que ce n'était pas une "élection de
coalition". Quelle est votre réaction ? "
Serge Coronado:
-"A l'appel d'Eva Joly, François Bayrou a dit "non". "Cela voudrait dire
qu'on constitue un camp", dénonce le chef de file du MoDem. Pas question pour
lui d'entrer dans une logique de désistement envers le candidat de gauche le
mieux placé au soir du premier tour.***"
-"La présidentielle n'est pas non plus un jeu de devinette", répond le
directeur de la communication d'Eva Joly, Sergio Coronado. Pour lui,
l'attitude de François Bayrou prouve qu'il n'exclut pas de se rallier à Nicolas
Sarkozy.
Pour lui, l'attitude de François Bayrou prouve qu'il n'exclut pas de se
rallier à Nicolas Sarkozy.
-"Il est sain de dire aux Français dans quel cadre on entend gouverner,
quelle politique on entend mettre en place et dans quelle majorité. Cette
réaction de François Bayrou démontre son rapport monarchique et opportuniste
avec la présidentielle. Il dit "qui m'aime me suive" et préfère choisir au soir
du premier tour... Mais les électeurs ont besoin de clarté. L'appel d'Eva Joly
a permis de rendre les choses plus claires. En jouant la politique de
l'esquive, François Bayrou montre que la possibilité qu'il se rallie à Nicolas
Sarkozy au deuxième tour reste entière. Surtout qu'il ne faut pas oublier que
c'est, à la base, un homme de droite."
A-C D.: "François Bayrou indique aussi refuser de faire de
Nicolas Sarkozy le sujet de la prochaine élection."..
S. C.:"La question n'est pas là. C'est simplement dire aux Français
avec qui on compte gouverner. C'est faire preuve d'honnêteté vis-à-vis d'eux.
Jouer la coquette est l'un des travers de François Bayrou. Maintenant, la page
est tournée. Il était un Européen, il est devenu un chantre du produire
français. Il dit vouloir incarner une alternative, mais avec quelle majorité?
C'est prendre les Français pour des "zozos".***
ACD: "La réponse de François Bayrou va peut-être aussi en
satisfaire plus d'un chez Europe Ecologie - Les Verts qui ne comprenait pas
trop la démarche d'Eva Joly par rapport au chef de file du MoDem.***"
S C: "La démarche d'Eva Joly était assez pragmatique et
transparente. Plutôt que de se retrouver dans la situation de 2007 (où Ségolène
avait tenté en vain d'être reçue dans l'entre-deux-tours par François Bayrou,
qui n'avait au final pas donné de consigne de vote,
(Ndlr - elle a préféré un dialogue direct, une interpellation
publique. Elle voulait que cette question-là soit posée en des termes
politiques.) -
S C:"Les électeurs ont le droit de savoir. Aujourd'hui, on a au
moins gagné en clarté. Mais quoi qu'en dise François Bayrou, à la fin, il y
aura deux projets, deux individus qualifiés pour le second tour. Il faudra bien
choisir l'un ou l'autre. La politique d'évitement ne fonctionne
pas."
ACD: "Dans un communiqué, Jean-Luc Mélenchon n'a pas non plus
été tendre avec Eva Joly. Il dit qu'elle "s'égare" et indiquait qu'il n'y avait
pour lui "pas d'accord possible" avec François Bayrou***. Là aussi son appel a
été mal pris. Qu'en pensez-vous ? ":
S C : "Je ne crois pas que Jean-Luc Mélenchon ait claqué la
porte du PS en 2007 quand les tractations étaient en cours entre Ségolène Royal
et François Bayrou dans l'entre-deux-tours. Il l'a quitté par la suite, après
le congrès en novembre 2008. Mais je n'ai aucun doute sur le fait que Jean-Luc
Mélenchon et le PCF participeront à une majorité de gauche et appelleront à
voter pour le candidat de gauche le mieux placé au second tour***"
transmis par
Renée Alice
