FRANCE/

Paris Match. 28 Octobre 2011 :

Vous étiez au côté de Martine Aubry la veille du second tour des primaires socialistes. Même Cécile Duflot a jugé que cela n’était pas “opportun”. Est-ce une faute politique ?
Jean-Vincent Placé.

C’était à l’occasion d’un match de rugby. Martine m’a fait savoir qu’elle voulait venir. Je ne vois pas pourquoi j’aurais refusé. J’ai de l’estime, du respect et de l’amitié pour elle.

N’était-ce pas une façon de prendre parti pour elle ?

Non. Je n’ai voté ni au premier tour ni au second, et je n’ai pas donné de consigne de vote.

Pensez-vous que l’élection de François Hollande rendra plus difficiles les négociations avec le PS ?

Nous négocions avec le parti, pas avec le candidat Hollande, même si nous sommes attentifs à ce qu’il dit. Son discours plus dur vis-à-vis de nous ne nous inquiète pas. Il y a une nécessité pour lui, pour le PS et pour nous de trouver un bon compromis fin novembre pour gagner en 2012.

François Hollande est-il écologiste ?

Non, il est socialiste. La synthèse des idées socialistes et écologistes doit être le ciment de la victoire. Nous ­demandons la sortie du nucléaire, une fiscalité écologique avec une déclinaison de la taxe carbone, la retraite à 60 ans, un engagement vers la VIe République avec, en particulier, le non-cumul des mandats et l’instauration de la proportionnelle aux législatives.

Quels sont les points non négociables ?

Il y en a deux : la question de la sortie du nucléaire et quelle est notre vision des grandes infrastructures productivistes, avec notamment l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, dont nous ne voulons pas.

Quel est le minimum acceptable sur le nucléaire ?

Notre position est claire : sortir du nucléaire en vingt-cinq ans. Nous sommes prêts à accepter d’aller au-delà de ce terme, mais sans qu’il soit question d’adopter le calendrier proposé par François Hollande, très éloigné de ce que nous voulons.

Eva Joly est créditée de 5 % dans les sondages. La faiblesse actuelle de votre candidate n’est-elle pas un handicap ?

Nous savions que nous négocierions avec ce type de sondage. Mais au moment du vote à la présidentielle, le PS aura besoin de nous. A nous de montrer ténacité et courage, à François Hollande et sens du rassemblement...

Etes-vous prêts à aller jusqu’à refuser un accord ?

Comment expliquer aux Français que l’on se serait vendus pour un plat de lentilles face aux difficultés de la planète ? Notre responsabilité est plus grande depuis Fukushima. Nous ne voulons plus être des lanceurs d’alerte, mais être des moteurs du changement. Pour cela, oui, nous sommes prêts à dire non. Mais nous n’envisageons pas le pire. Nous ferons bientôt des propositions qui seront une base convenable pour tous.

Cécile Duflot doit-elle être candidate aux législatives à Paris ?

C’est une excellente secrétaire nationale, il est logique qu’elle puisse avoir un mandat parlementaire pour donner plus de poids à sa parole.Point final

Renée Alice