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Présidence du Sénat : les raisons de la candidature de l'écologiste Placé

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Jean-Vincent Placé, sénateur Europe Ecologie-Les Verts de l'Essonne.
+AFP/NATHALIE MAGNIEZ,NATHALIE MAGNIEZ

Le nouveau sénateur de l'Essonne et responsable d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Jean-Vincent Placé a indiqué vendredi 30 septembre sur RTL qu'il envisageait d'être candidat à la présidence du Sénat.
A la direction d'Europe Ecologie-Les Verts, jointe par Le Monde, on admet que la candidature vise aussi à "faire avancer" les discussions en cours avec le PS.
..."Assez naturellement, il est logique que nous votions pour Jean-Pierre Bel, le candidat du Parti socialiste", a observé Jean-Vincent Placé. "On ne cherche pas de garanties, mais je souhaite qu'il y ait de l'écologie au Sénat, que ce ne soit pas que de l'opposition à Nicolas Sarkozy", a déclaré l'élu francilien. Les écologistes ont 10 élus dans le nouveau Sénat.

L'ENJEU DES COMMISSIONS

Au Monde, l'état-major du parti affirme avoir obtenu dans les négociations avec les socialistes la création d'un groupe autonome des écologistes au Sénat. Et "très vraisemblablement" une présidence de commission, ainsi qu'une vice-présidence. L'attribution de la présidence de la commission des finances à un membre de l'opposition, de droite, autre revendication des écologistes, aurait également été satisfaite.

En revanche, certains points des discussions avec les socialistes "ne sont pas réglés", ajoute la direction écologiste : la création de deux commissions supplémentaires, l'une sur l'environnement et le développement durable, ainsi qu'une seconde qui serait créée en détachant le dossier de défense de celui des affaires étrangères. Enfin, les écologistes demandent l'adoption "rapide" au Sénat d'un texte sur le droit de vote des étrangers aux élections locales.

Les sénateurs élisent samedi leur président, qui devrait, sauf énorme surprise, être Jean-Pierre Bel (PS), sénateur de l'Ariège qui a fait irruption sur le devant de la scène avec la victoire historique de la gauche dans la deuxième chambre du Parlement

LeMonde.fr

C'est CHOSE FAITE !

Renée Alice

Ci-après, de Stéphane Alliès et Michaël Hajdenber:

"Article offert" ,paru à la Une du site d'investigation indépendant : www.mediapart.fr

"Ils sont désormais dix élus écolos à siéger au Sénat, sans doute dans un futur groupe parlementaire à la composition éclectique. Galerie de portraits entre gauchistes et droitiers, apparatchiks et atypiques, personnalités de la société civile et militants associatifs.

"De nouveaux Verts du Sénat qui promettent"

"Un peu d'air frais dans une institution sentant le renfermé? Avec le basculement du Sénat à gauche, c'est l'autre événement politique des sénatoriales: pour la première fois de son histoire (les Verts ont eu jusqu'ici au maximum six députés en 1993), l'écologie politique devrait disposer en France d'un groupe parlementaire. En cas d'élection du socialiste Jean-Pierre Bel samedi, le règlement intérieur du Palais du Luxembourg pourrait être modifié d'ici un gros mois, afin de permettre la constitution d'un groupe parlementaire à partir de dix élus. Soit le nombre de sénateurs écolos siégeant désormais à la haute assemblée.

«Notre objectif va être de transformer le Sénat en Palais de Rosa Luxemburg», s'amuse Pascal Durand, porte-parole d'Europe-Ecologie/Les Verts (EELV). Avec un groupe, «on va pouvoir poursuivre le travail entamé par Jean Desessart (élu depuis 2004) et Marie Blandin (élue depuis 2001), ainsi que Dominique Voynet et Alima Boumedienne (l'une s'est désistée pour cause de cumul, l'autre n'a pas été reconduite par le vote militant). On va désormais pouvoir être présents dans toutes les commissions», poursuit Durand. S'ils vont faire partie de la majorité de gauche et même s'ils n'y sont que très minoritaires, les écolos ont toutefois une pratique à faire valoir.

En effet, comme le rappelle Stéphane Sitbon-Gomez, directeur de cabinet de Cécile Duflot, le fait d'être un groupe charnière sans lequel une majorité n'est possible est une expérience connue des écologistes en politique: «Imposer nos idées à force de travail en commissions et de discussions avec les autres groupes, c'est ce qu'on fait depuis longtemps au Parlement européen ou dans beaucoup de conseils régionaux.» Pascal Durand renchérit: «A Strasbourg, on est 50 sur 700, mais on a souvent besoin de nos voix, et on a bien montré qu'en faisant du bruit et du boulot, on pouvait faire avancer des dossiers. On est charnière, donc on est obligé de discuter avec nous.»