*** BUDGET 2010 : Les VERTS "ne lâcheront pas le MORCEAU" ! des RECONVERSIONS...
Par Renée Alice le 24 octobre 2009, - LE NERF de TOUTES LES GUERRES ! - Lien permanent

... Les Verts "ne lâcheront pas le morceau"! a conclu HIER à Charbonnières,
Gérard LERAS (ci contre saisi, lors d'une interview accordée à "SILLON 38" à
l'occasion d'un plaidoyer pour "l'autonomie alimentaire des élévages") après
s'être exprimé sur les orientations budgétaires et au nom du GROUPE des VERTS,
comme suit :
Le budget que nous voterons en décembre sera le dernier de la mandature.
C’est donc aussi l’heure de faire un bilan de l’action budgétaire de la
mandature.
Mais ce bilan présente une grande lacune qui n’est pas admissible dans la
situation sociale, environnementale, économique et climatique actuelle :
elle concerne l’agriculture et nous vous ferons des propositions en ce
sens.
1– Le bilan de la mandature :
La Région a commencé à rattraper le retard accumulé dans les mandatures
précédentes et à répondre afin aux grands besoins des rhônalpins, notamment
dans le cadre de nos grandes compétences : formation continue, lycées,
TER....
Ceux qui poussent aujourd’hui des cris d’orfraie devant nos
emprunts et notre endettement n’avaient qu’à faire les investissements qu’ils
avaient à faire. Et sur l’ensemble de la mandature, c’est largement nous,
les Verts, qui avons le plus porté les propositions les options
nécessaires.
Mais notre majorité aurait pu aller plus
vite et mieux en ne se dispersant pas dans quelques impasses :
demi-échangeurs autoroutiers, centre de maintenance TGV, Crolles 3, Shangaï
2010, pub pour les JO....
Ce que nous faisons pour les lycées est bien mais trop lent : par rapport au Plan Pluriannuel d’Investissements que nous avions adopté en 2005, nous avons tous les ans une exécution inférieure à nos engagements d’environ 20M€. En ce qui concerne les TER, nos investissements dans le matériel roulant risquent d’être insuffisants pour répondre aux besoins en capacité au-delà de 2012.
Problème important : sur le plan économique,
l’action régionale accroît la vulnérabilité des entreprises rhônalpines :
nous facilitons l’internationalisation, nous incitons à exporter, ce qui est
totalement anachronique dans l’évolution actuelle de la division internationale
et dans la restructuration en cours du commerce mondial.
Nous n’exerçons pas de véritable soutien à la reconversion
industrielle des usines sous-traitantes,et continuons à alimenter la
fuite en avant dans les investissements pour les grandes pôles modernistes, tel
Crolles, particulièrement exposés aux risques de
délocalisation.
La Région n’a pas voulu réellement mobiliser ses capacités
financières. L’endettement et la fiscalité sont dans la moyenne
des Régions françaises, mais nettement en dessous de ceux pratiqués dans les
autres grandes régions comparables à la notre.
L’augmentation de l’effort fiscal, au total, est demeurée très
faible, comparée à celle décidée par toutes les autres
collectivités. En ne le disant pas clairement, en refusant les moyens
nécessaires pour répondre bien aux besoins.
Sur la quasi-totalité des bancs de notre assemblée et à la tribune, on
a alimenté le discours libéral et démago ambiant avec toutes les conséquences
que cela porte dans la situation actuelle. Nous ne saurions être complices de
cette faute politique : l’impôt est à la base de la
démocratie.
La Région s’est refusée à étudier les possibilités de solliciter
l’épargne citoyenne malgré nos demandes réitérées, alors même que les
conditions de taux étaient favorables. La Région des Pays de Loire a osé.
L’Etat va lancer un grand emprunt en faveur d’investissements qui ne seront pas
les nôtres et au risque d’assécher une ressource dont vous n’avez pas voulu à
temps.
La Région s’est refusée aussi à ce jour à se saisir de notre demande constante
d’étude du projet de société d’Economie Mixte nécessaire au soutien des
collectivités locales pour leur engagement dans les énergies
renouvelables.
Quid du fameux cahier de charges de l’étude ? - soi-disant en
préparation depuis la saint Glinglin - ...et très en préparation, surtout quand
nous vous interrogeons ! Ce matin voyez-vous, nous aurions préféré une
avancée concrète sur le sujet à votre effet d’annonce sur votre nouveau projet
tape à l’œil d’Eco-bidule à Charbonnières.
2– Le plan de soutien et l’agriculture
A l’automne 2009, les Verts ont refusé l’immobilisme régional devant
les manifestations économiques, sociales et environnementales de la crise
globale dans laquelle sont enfoncés les rhônalpins comme tous les citoyens du
monde.
Nous avons demandé avec insistance et obtenu un plan de soutien
régional puis un plan de soutien n°2 au moment de la décision modificative. Ces
plans portent sur l’abondement de fonds de soutien aux PME, la formation,
l’emploi, les tarifications sociales dans les TER, etc...
Nous avons eu beau dire et répéter que la crise globale était d’abord
agricole et alimentaire, il n’y a rien pour l’agriculture.
Ce que nous expliquions vainement explose au grand jour et nous ne
pouvons plus admettre aujourd’hui cet oubli de l’agriculture. Il n’est pas
nouveau : depuis 2004, quand le budget de toutes les délégations
augmentait, le budget pour l’agriculture n’a pas bougé. Il est de
32M€.
Inutile de nous rappeler que l’agriculture est d’abord de compétence
européenne et nationale. C’est vrai, mais la loi donne aux Régions une
fonction de moteur politique de l’ensemble des collectivités territoriales dans
deux domaines : l’aménagement du territoire et l’économie. Si les
problèmes agricoles ne sont pas à leur croisée, où sont-ils ? Nous devons
et pouvons augmenter notre budget agricole dès lors que la Région a transformé
tous les dispositifs agricoles et que les exécutions budgétaires sont
aujourd’hui au même niveau satisfaisant que dans les autres délégations. Notre
action agricole régionale doit donc répondre aux enjeux majeurs du changement
d’ère historique dans lequel nous sommes, de fait.
Il faut agir pour la reconversion et la relocalisation de toutes les
économies, et en première urgence de l’agriculture.
La Région doit s’engager pour la multiplication rapide et la mise à
disposition des arboriculteurs de scions et de porte greffes rustiques,
indispensables à la conversion bio ou à la diminution des intrants, notamment
des pesticides. Sans cela nous condamnons l’arboriculture rhônalpine à la
chimie et à une mort lente déjà très engagée.
La Région doit être conséquente car nous avons décidé par vote en
commission permanente une nouvelle politique de soutien de l’élevage vers plus
d’autonomie alimentaire, vers moins de productivisme, moins de charges, plus de
valeur ajoutée. C’est ça la reconversion quand on agit concrètement.
Cette politique aujourd’hui seulement appliquée aux élevages des
ruminants, il faut l’élargir aux granivores en 2010. Il faut surtout aussi que
nous soyons en mesure de répondre aux préconisations issues des diagnostics
d’exploitation que nous avons initiés et qui rencontrent un succès
considérable.
En ce qui concerne la relocalisation de l’agriculture
:
__- la Région doit œuvrer pour un plan protéines régional ou quart sud
est et pour régénérer les cultures, d’abord le soja, dont l’élevage a
besoin. Avec pour enjeu, :l’indépendance devant les OGM et devant les
importations qui nous menacent!__
- la Région doit aider les territoires qui en ont le désir,
producteurs laitiers, artisans et élus confondus, à se réapproprier les
circuits de collecte de lait, les unités de transformation, les circuits de
distribution. Les organisations dominantes dans la profession, l’Etat,
l’Europe ont toujours œuvré à une concentration de plus en plus poussée de tous
ces circuits, à une capitalisation irresponsable face aux réalités
professionnelles et sociales. Ils ont non seulement voulu, dans le grand
silence de tous sauf la Confédération Paysanne et les Verts, déréguler la
production et libéraliser le marché ; ils ont aussi cassé la vie rurale,
la vie montagnarde notamment. Aidons les territoires à reprendre la
main. - Pas d’agriculture sans installations multiples
et variées. Pas d’installation sans action foncière résolue, en particulier via
les communes ou leurs communautés. 2010 doit voir la Région s’engager dans ce
domaine là, très au-delà des quelques initiatives locales conduites dans les
CDRA ou les plans stratégiques qui leur sont liés.
Sur tout cela, nous souhaitons être entendus à la hauteur adéquate dans le
budget 2010. Si tel n’est pas le cas, nous agirons par voie
d’amendements.
En tout cas, "nous ne lâcherons pas le morceau".
AINSI PARLE... sans concessions ni ronds de jambes superflus, le Président
du Groupe des Conseillers régionaux VERTS...

Intervenant en complément des propos du Président LERAS, Benoît Leclair
rappelle quelques évidences en matière de recettes à mettre en face de ces
priorités données en terme d'orientations budgétaires, à
savoir :
La fiscalité est un outil au service d’un projet politique un peu comme les
institutions et sa fameuse réforme sur laquelle nous n’aurons malheureusement
pas le temps de discuter ici, malgré la faillite de JF Coppé contre la
"politique de gribouille" du projet gouvernemental, citée par B
Soulage...
Il y a manifestement pour la fiscalité comme pour le projet sur les
institutions une confusion volontaire entre projet politique et d’objectifs
politiciens.
Sur la Taxe
Professionnelle, les Verts ne sont pas hostiles à une
modification de la fiscalité sur les entreprises. Nous pensons même qu’il
n’entre pas dans les attributions des collectivités publiques de subventionner
certaines activités économiques n’en déplaise à Pierre Cormorèche et je
rappelle ici notre opposition aux pôles de compétitivité.
Encore faut-il avoir un vrai débat global sur la fiscalité, et dégager-
selon nous- les 2lignes de force suivantes :
__- autonomie fiscale et péréquation entre régions riches à pauvres,
- fiscalité directe, plutôt qu’indirecte, et
progressive
Concernant la TIPP, taxe intérieure sur les
Produits Pétroliers, notons tout d’abord qu’elle représente un enjeu inférieur
à 2cts d'euro par litre...
D’abord quelques chiffres sur l’évolution des prix des
carburants : sur une longue période le prix du litre à la pompe est stable
entre 1 et 1,2€ depuis les années ’70 (seule parenthèse dans les années ’90
avec une baisse à 0,8€). En 1974, M. Dumont prônait un litre à 5Francs au lieu
de 1Franc. Le litre coûte deux fois moins cher qu’en 1970 (avant la crise
financière) en pouvoir d’achat. Il faut donc environ 10 mn de travail pour un
smicard contre 20 mn en 1970. Au passage, j’encourage les smicards de cette
Assemblée à réfléchir au fait qu’il leur faut travailler 1h pour 6 litres soit
100km environ.
Et pour répondre au FN sur la question du vélo,
je vous rappelle que l’un de vos attachés utilis un vélo électrique pour venir
travailler....
Enfin, rappelons la différence entre la TIPP et la contribution climat-énergie telle qu’elle aurait dû être, c'est à dire :
- significative (5€ !)
- juste donc progressive
- appliquée à toutes les énergies
- utilisée pour développer les alternatives Transports en commun, économies
d’énergie, énergies renouvelables.
Ce qui n’est pas le cas !
RAP
Commentaires
"Indispensables à la conversion bio"...
Je regrette que le mot "bio" n'ait été prononcé qu'une fois - en parlant de l'arboriculture.