RAPPORT "SOUTIEN des J.O. et d'ANNECY 2018" : Elisa MARTIN fait très crânement les questions et les réponses au nom du GROUPE "PG &A" :

Mr le Président,
Mesdames et Messieurs les conseillers régionaux,

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Il nous est demandé de délibérer sur le soutien à apporter au projet d’accueil des Jeux Olympiques à Annecy...Situation délicate puisqu’il nous est difficile de prendre une décision éclairée par un dossier détaillé et complet.

Quels sont les atouts de cette ville ?
En quoi est-ce un levier de développement pour ce secteur ?
En quoi ce choix serait-il plus pertinent que les autres villes candidates ?

A cela s’ajoute le fait que des communiqués émanant de la Région ont indiqué que la majorité (dont me semble t-il nous participons) soutenait les villes candidates, sans que jamais nous ayons été consultés.

C’est d’ailleurs à nouveau réaffirmé dans le rapport. « La région Rhône Alpes a apporté un soutien équitable et sans réserve aux deux villes candidates de Rhône Alpes. Cet engagement ferme et cette neutralité ont permis au Président du Conseil régional d’aller, dès le soir du 18 mars, auprès du Maire d’Annecy témoigner de la fierté et du soutien de toute une Région.»

Faut-il rappeler que la Région Rhône Alpes est tout à fait étrangère à ces décisions de poser candidature...

J’ajoute que s’il ne s’agit en rien de dire que nous aurions raison contre tous??? néanmoins, le soutien des élus locaux majoritaires de ce territoire ne veut pas dire qu’en leur emboîtant le pas, nous sommes dans la mise en oeuvre de l’intérêt général.
Nous parlions hier de "soumission aux territoires"... et justement, nous y voilà.

Ces premiers arguments seraient, nous semble t-il suffisants pour justifier un vote défavorable. Mais allons plus loin :

Le débat qui se pose à nous est-il pour ou contre les Jeux Olympiques ? Nous ne le croyons pas. Des rencontres fraternelles et sportives entre les peuples, où chacun se connaît et se reconnaît, nous paraissent être de bon augure. Et ce quelle que soit la localisation de ces Jeux. Ce qui nous amène à dire qu’au fond, selon la logique que sous-tend ce rapport, il faudrait défendre à tout prix la candidature d’Annecy sous prétexte que cette ville se situe en Rhône-Alpes. Là aussi le développement est envisagé dans une logique concurrentielle entre les territoires même si ceux-ci sont éloignés…

Nous évoquions à l’instant le caractère fraternel des rencontres sportives, mais les Jeux Olympiques aujourd’hui participent-ils de cette logique ?

N’est-ce pas plutôt de l’ordre de la promotion de marques de multinationales ?

Et à ce propos, la contribution privée à hauteur de 5 millions d’euros apparaît comme bien faible pourtant, en terme d’image et de communications, quand sans doute ce sont elles qui en seront les principales bénéficiaires.

La marchandisation du sport, la performance à tout prix n’y atteignent-elles pas là; des sommets ?

Quand de surcroît, chacun sait que les sportifs participant aux JO aujourd’hui ne sont en rien des amateurs. Et tout cela pris en compte nous éloigne beaucoup de « l’esprit des Jeux ».

Disposons-nous là d’un levier d’aménagement, argument souvent employé ?

L’accueil en 1968 des Jeux Olympiques à Grenoble a permis le développement de cette ville. C’est une réalité ! Mais dans les années 70, nous avions affaire à un Etat planificateur et organisateur des territoires et même soucieux d’égalité. Dans le cas présent, il n’en sera rien. Nous en voulons pour preuve, entre autres, le non respect de ses engagements dans le cadre du CPER qui est pourtant l’acte majeur qui nous lie à lui. Par conséquent cet argument devient fort hypothétique.

Comment sont présentés les enjeux pour Rhône-Alpes ?

Il s’agit de...« moderniser les infrastructures, accélérer les investissements et le développement des équipements » ou encore de répondre « aux besoins permanents des sportifs »...

Très bien ! Mais comment avons-nous décidé que ce secteur était un secteur prioritaire d’investissement régional ?

A cela s’ajoute la nécessaire prudence quant est évoqué le caractère permanent de ces équipements, nous avons tous en tête la superbe gare intermodale de St Exupéry réalisée à l’occasion des JO d’Albertville, sous-utilisée aujourd’hui ou encore l’abandon en plein espace naturel du très grand édifice en béton qu’était le tremplin de St Nizier autour de Grenoble.

L’emploi alors ???

Force est de constater que les fleurons régionaux Rossignol, Salomon et CEBE ont disparu de notre région.

On nous affirme aussi que l’accueil des Jeux Olympiques se fera dans le respect de l’environnement.

Soit, mais à cette étape, hormis le recours à la richesse et aux subtilités de la langue française par l’ajout d’adjectifs et l’utilisation d’un préfixe rien ne nous le garantit.

Le recours à la neige artificielle est clairement évoqué ; pour lequel 70 % des sites seraient suffisamment alimentés en eau.
Et les 30% restants ???

Le rassemblement de centaines de milliers de personnes sur le site n’est pas anodin non plus. Bref ! l’empreinte écologique de ce projet est aujourd’hui inconnue et c’est un problème réel. Le bilan carbone, de même que le plan environnemental des jeux et les impacts environnementaux (infrastructures) apparaissent comme devant faire l’objet d’un financement ; alors que la connaissance des résultats de ces études devrait être un préalable à tout soutien de notre part.

Sur le plan du pilotage, quels sont le statut et le rôle de cette association «Annecy 2018-Savoie Mont Blanc » montée dans des délais très rapides (23 juin ?)... Qui pilotera le projet ?

Cette association qui semble pour le moins partisane et qui est sensée préfigurer le GIP ? Dont la création est d’ailleurs envisagée dans des délais eux aussi inconnus et où la Région est représentée. Un détail : quelle est la place réservée aux sportifs dans ce dispositif de pilotage ? En effet il est affirmé : « Des jeux pour les sportifs, portés par les sportifs, organisés avec le mouvement sportif »...

Jeux Olympiques populaires affirme t-on encore ...Mais qui connaît aujourd’hui les tarifs pratiqués pour aller voir les manifestations ?

Allez ! une dernière question concernant l’organisation de ce rapport.

Il est en effet question dans le maigre du rapport de financement d’infrastructures d’intérêt général et dans le pré bilan financier qui nous est présenté il n’est plus question que d’études techniques et de beaucoup de communication...
Hé oui ! poser candidature est coûteux. !

Bref il nous aurait paru bien plus raisonnable d’attendre que la candidature soit validée et que nous accompagnions ensuite les infrastructures relevant effectivement de l’intérêt général et des priorités régionales dans la mise en œuvre de nos compétences. Au passage cela aurait permis d’économiser 2,5 millions d’euro, en ces temps où les crédits publics sont rares, cela n’est pas négligeable.

Par conséquent le groupe PG&A votera contre ce rapport.

Pour le Groupe Parti de Gauche & Apparentés :

Elisa Martin