*** SCOOP REGIONALES 2010 : REGION SAVOIE et Régionalisme différencié : on avance... on avance...
Par Renée Alice le 05 septembre 2009, - Les VERTS et le MONDE ASSOCIATIF veulent CHANGER les pratiques politiques... - Lien permanent
Pour mettre ses actes en accord avec ses pensées, et ses discours... l'APS
"Association des PAYS de SAVOIE" est , elle aussi, interpellée...
...et pour faire suite aux nombreux billets parus sur la question en
BLOG RAP à des projets de réfoirme des institutions puis l'occasion des
Européennes.... j'en recommande vivement la lecture ou la re-lecture
d'actualité ! et porte à connaissance les récents propos tenus à CE SUJET
par Jean Jack QUEYRANNE Président du Conseil Régional, lors d'un entretien avec
Brice PERRIER dans "la VOIX des ALLOBROGES qui ait sa rentrée politique dans
une saison 2009-2010 qui s’annonce passionnante".
cliquer sur un commentaire adressé par pour accéder par "LA VOIX (cf ci dessus) pour explication et accès direct au site de "LA VOIX"...
Et voici l'introduction par Brice Perrier et des extraits significatifs
d'une évolution intéressante :
Br.P. : "Les élections européennes et la percée d’Europe
Ecologie ont de par chez nous changé la donne. La circonscription Sud-Est a
ainsi envoyé à Bruxelles deux euro-députés décidés à s’engager pour la création
d’une région Savoie, le Corse François Alfonsi et la Chambérienne Malika
Benarab Attou. C’est du jamais vu. Dans la ligne de mire de tout le monde,
désormais, il y a les élections régionales, dont la campagne va se dérouler
alors que sera débattue au Parlement la réforme des collectivités locales et
qu’on s’apprêtera à commémorer en Savoie les 150 ans de l’annexion à la France.
Un contexte exceptionnel, qui pourrait permettre de complètement chambouler le
paysage politique régional et de donner enfin à la Savoie un nouveau statut.
Mais on peut aussi craindre qu’elle ne se dissolve dans Rhône-Alpes, dans le
cas où la réforme conduirait à une petite mort des départements phagocytés par
des régions de tailles soi-disant européennes.
Le président de la région Rhône-Alpes semble pour sa part vouloir la
chérir cette Savoie, en lui offrant une place de choix au sein d’une entité
rhônalpine où notre histoire et notre identité particulières seraient mises
d’avantage en avant, avec même, si les Savoyards en font la demande, quelques
privilèges en matière de délégation de compétences. Selon le socialiste
Jean-Jack Queyranne, un premier signe concret a d’ailleurs été donné cet été
avec la reconnaissance du francoprovençal (connu aussi sous le nom d’arpitan ou
tout simplement de langue savoyarde) et de l’occitan par la région
Rhône-Alpes. On a donc saisi cette occasion pour aller tâter
le terrain du côté de Charbonière...
BrP : Jean-Jack Queyranne, que représente pour vous
la reconnaissance par Rhône-Alpes des langues régionales qui a eu lieu cet été
?la région ?
JJQ : C’est un acte vraiment important pour la région. Une
reconnaissance, mais aussi l’engagement de lancer un certain nombre d’actions
dans les domaines du patrimoine et de la création artistique. Le pire danger
qui guette la culture, c’est celui de l’uniformité. Le problème se pose dans
notre région, en particulier au niveau linguistique. Or les langues sont
porteuses de visions du monde originales et participent à la définition de
notre identité. Certaines langues sont menacées et, s’il faut défendre la place
du français dans le monde, il faut aussi défendre le plurilinguisme en France.
Une évolution est apparue depuis que Lionel Jospin a ratifié la charte de
reconnaissance des langues régionales. Aujourd’hui, il est important de dire
que les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France.
BrP : Le jour du vote de cette reconnaissance, vous
avez dit que le francoprovençal et l’occitan donnaient un sens à une région qui
en était dépourvue. N’est-ce pas un aveu terrible de dire que Rhône-Alpes
n’avait pas de sens ?
JJQ : Ces langues donnent un sens à Rhône-Alpes dans la mesure
où notre région est le reflet de son pluralisme. Notre force, c’est la
diversité de nos territoires. Et si l’on a pu parler de région dépourvue de
sens, c’est d’abord parce que nous sommes dépourvus d’identité historique.
Rhône-Alpes n’est pas la Bretagne ou la Bourgogne.
BrP : Ou la Savoie…
JJQ : La Savoie a toute sa place en Rhône-Alpes. Je ne suis pas
favorable à une région Savoie, mais l’identité de la Savoie doit être reconnue
dans la région Rhône-Alpes. Alors je ne sais pas si les deux départements
savoyards seront amenés à se réunir, mais je suis favorable à ce que
l’Assemblée des Pays de Savoie puisse avoir d’avantage de responsabilités. La
région pourrait même déléguer certaines compétences.
BrP : Pourquoi ne l’a-t-elle pas fait jusqu’à présent
?
JJQ : L’APS n’en a pas exprimé la volonté. Mais je suis ouvert
à cette possibilité.
BrP : Les Savoyards ne veulent rien ?
JJQ : Je n’irai pas jusque-là, mais l’APS s’est montrée très
timorée. Elle aurait pu faire beaucoup plus.
BrP : Les Verts se sont pour leur part prononcés pour
une région Savoie…
JJQ : Les Verts ont ici deux
structures. Une sur les deux départements savoyards et une sur les six autres
départements de Rhône-Alpes. Mais je n’ai pas eu de demande particulière chez
eux par rapport à la région Savoie. C’est peut-être une question d’organisation
interne.
BrP : Cécile Duflot a demandé clairement cette région
Savoie lors de son audition devant le comité Balladur pour la réforme des
collectivités territoriales…
JJQ : Je ne savais pas. Mais là, d’après l’avant-projet issu
des travaux de ce comité Balladur, on est plus dans une logique de grande
région que de séparation.
BrP : Vous avez déclaré que la taille ne devait pas
être un élément décisif pour définir une région…
JJQ : Je l’ai dit quand on parlait de lier Rhône-Alpes et
l’Auvergne. Rhône-Alpes est déjà grand comme la Suisse, pas besoin de
l’agrandir.
BrP : Et la Savoie ? A-t-elle la taille nécessaire
pour être reconnue comme une région française ?
JJQ : Je souhaite que la Savoie soit reconnue en Rhône-Alpes.
Cela passe par la reconnaissance de la langue et par celle de l’histoire,
notamment à l’occasion des 150 ans de l’annexion.
BrP : Les Verts vont plus loin et veulent faire de
la Savoie un exemple particulièrement représentatif de ce que devrait être un
régionalisme différencié. Or c’est votre principal partenaire au conseil
régional et, lors des élections européennes, Europe Ecologie a fait en
Rhône-Alpes de meilleurs scores que le PS, particulièrement en Savoie. Comment
allez-vous vous positionner lors des régionales de 2010 avec Europe Ecologie
qui devrait défendre l’idée de région Savoie ?
JJQ : Il ne faut pas jouer le repli sur la Savoie, ce n’est pas
ce qui fait la force de Rhône-Alpes. C’est sa diversité qui lui donne son
dynamisme et sa compétitivité. Je crois que c’est aussi l’intérêt de la Savoie
d’avancer dans Rhône-Alpes. Les Verts peuvent penser différemment, mais je
souhaiterais plutôt des régions plus fortes.
BrP : La campagne des régionales, qui va se dérouler en
pleine réforme des collectivités, sera-t-elle l’occasion de discuter de ce que
doit être une région ?
JJQ : Bien sûr, il faudra en parler, car le développement des
régions serait une très bonne chose. Cela doit être porté par les élus et les
citoyens. Et quant à savoir ce qu’il convient de faire pour la Savoie, c’est
d’abord aux Savoyards et à leurs élus de le dire.
BrP :Finalement, ça vous arrangerait que la Savoie quitte
Rhône-Alpes, vu qu’elle vote à droite…
JJQ : Je
ne fais pas ce genre de calcul. Et puis les élus de droite savoyards, ils font
des grandes déclarations pour la région Savoie, mais il n’y a pas beaucoup de
réalisations, à part l’orchestre des pays de Savoie. Ils en restent à des
positions de principe. Le Faucigny a par exemple rapporté les déclarations de
Gaymard, quasi indépendantistes, mais cela n’est pas du tout cohérent avec ce
qu’il dit à Paris ou avec ce qu’il fait. Il faut mettre les actes en rapport
avec ses pensées.
BrP : Et à vous, Hervé Gaymard a-t-il fait part de ses
propositions pour une Savoie réunifiée ?
JJQ : Pas du tout. Mais il y a quelques jours, dans le Dauphiné
Libéré, il a mis beaucoup d’eau dans son vin.
BrP+ : Christian Monteil vous a-t-il de son côté parlé de la
façon dont il envisage l’avenir des pays !! BrP++ de Savoie
?
JJQ : Non, je ne l’ai jamais entendu s’exprimer
là-dessus.
BrP :Il n’y a en fait qu’Europe Ecologie qui risque de vous
poser un casse-tête sur ce sujet en réclamant une région Savoie lors des
régionales de 2010…
JJQ : Si c’est le cas, ça ne sera pas un soucis, même si je
pense que la Savoie est mieux dans Rhône-Alpes. En 1998, dans des circonstances
exceptionnelles, le représentant de la Ligue savoisienne a bien voté pour moi.
D’abord pour des valeurs démocratiques, en raison de la menace du Front
National, mais aussi car j’avais pris des engagements pour la reconnaissance de
l’identité et de l’histoire de la Savoie. Je n’ai pas eu les moyens de les
mettre en application à l’époque, mais on vient de le faire avec la
reconnaissance des langues régionales.
BrP : Seriez-vous en fait tout disposé à défendre
l’identité savoyarde alors que nos élus ne revendiquent rien ?
JJQ :Des élus de gauche portent cette identité savoyarde et la
revendiquent.
BrP : Ah bon ?
JJQ : Oui, notamment Bernadette Laclais à Chambéry. Elle est
dans cette démarche et je pense qu’il faut la favoriser pour les festivités des
150 ans. Nous sommes d’ailleurs à ce sujet en dialogue avec de grandes
collectivités.
BrP. : Rhône-Alpes va-t-elle organiser un événement pour
l’anniversaire de l’annexion ?
JJQ : Ce n’est pas à la région de faire des projets à la
place des territoires. Mais des projets vont nous être soumis, pour lesquels on
prévoit une enveloppe spécifique.
BrP : Les deux départements ont-il proposé quelque
chose ?
JJQ : Non, pas à ce jour. Je ne sais pas s’ils ont un projet,
et s’il est commun. Mais si l’APS n’avait pas un projet pour le printemps
prochain, ça serait un peu décevant.
BrP : Les conseils généraux savoyards préfèrent en tout
cas éviter de se pencher sur l’histoire en tenant à l’écart les sociétés
savantes. C’est un peu comme si l’annexion de 1860 était un sujet tabou. On ne
parle d’ailleurs que de rattachement.
JJQ : Il ne faut pas de tabou. L’histoire, et surtout
l’histoire récente, peut faire l’objet de débat, car il n’y a pas de pensée
unique dans ce domaine. Et personne n’est jamais mort d’avoir fait un
débat.
à suivre...donc,
RAP