*** Il existe tant d'autres rêves que les JO d'hiver...pour nos territoires de montagne !
Par Renée Alice le 11 avril 2009, - POLLUEURS et PAYEURS ... - Lien permanent
OUI, il existe tant d'autres rêves pour nos territoires de
montagne, que les JO d'hiver...
Depuis plusieurs mois, d'imposantes publicités dans les gares parisiennes
font la promotion des postulantes au rêve des JO. Comme autant de midinettes se
fantasmant plus séduisantes que toute autre. 4 villes françaises sont
pré-candidates pour les JO d'hiver 2018. Et nous voilà tous sommés, citoyens et
éluEs, de manifester de l'enthousiasme pour ce "rêve".
Si nous nous interrogeons sur ces projets, nous devenons alors
immédiatement des opposants stériles sans vision du progrès et hostiles aux
joies populaires. N'avons-nous rien d'autre à offrir aux citoyens que la
compétition ? Compétition entre sportifs, entre territoires, entre
habitants : les grenoblois, les niçois, les pelvousiens et les annéciens
seraient-ils plus méritants parce que leur Ville aurait gagné la candidature
aux JO ? Nos élites politiques ne savent-elles plus penser des événements
populaires et fédérateurs ?
La montagne, impassible, n'attend pas les JO pour être belle : c'est
par sa nature et sa pureté symbolique qu'elle passionne randonneurs, skieurs,
marcheurs du dimanche et résidents à l'année.

Les critiques face aux impératifs de la sélection olympique sont connues et
légitimes.
L'organisation en elle-même des Jeux pose question. Est-il encore besoin de
rappeler les errements du Comité International Olympique (CIO) :
corruption, soumission à des États autoritaires et violents, uniformisation des
cultures, atteintes aux libertés publiques et encadrement policier des
manifestations sportives ? Des régimes qui méprisent les droits de l'homme
sont volontairement choisis pour être le théâtre des JO. Parce que seul compte
ce rêve absolu et unique, le rouleau compresseur des JO n'autorise pas le
moindre désordre.
Le réchauffement climatique est deux fois plus rapide dans les Alpes
qu’ailleurs :
Et ce territoire sera très touché à court terme selon la dernière carte du
GIEC. Qu'en sera-t-il de l'enneigement en 2018 ? Les conditions
climatiques obligent les stations à utiliser une batterie de canons pour créer
de la neige artificielle, dégradant un peu plus les ressources en eau et les
sites.
Mais les JO ne connaissent pas l'urgence écologiste de préservation de ces
espaces naturels fragiles et contraints. De l'urbanisation massive pour
construire des hôtels et des infrastructures à la hâte à la pollution des
équipements restés sans usage, les Alpes portent déjà les traces des précédents
Jeux. La protection de l'environnement a peu d'importance quand il s'agit
d'impressionner le monde entier, et les sponsors.
Quand nous osons dire nos inquiétudes, l'accusation est facile :
Nous sommes "contre tout, et sans capacité de propositions".
POURTANT, ce sont les fervents supporters de ces Jeux qui manquent
cruellement d'imagination.
NOUS SOMMES au contraire, les artisans d'utopies nombreuses et
réalistes :
* POUR des équipements sportifs dans chaque quartier
* POUR la culture et l'éducation aussi importantes que le sport
* POUR des emplois en montagne toute l'année, implantés dans le
territoire
* POUR impliquer les enfants et amateurs de tous âges en multiples
activités
* POUR des terres agricoles préservées,
* POUR un climat non dégradé,
* POUR des touristes respectueux de la planète...
QUAND les JO dévorent l'argent public :
D'abord lors des candidatures (une candidature coûte plus de 20 millions
d'euro), ensuite avec le gigantisme des conditions d'accueil qui sont
nécessaires. Londres et Vancouver se désespèrent de trouver les milliards
attendus, et en pleine crise mondiale, empruntent et coupent dans leurs autres
budgets. Comment ne pas penser alors que les politiques culturelles,
environnementales, éducatives et sociales vont être marginalisées par les
municipalités en lice ? Les associations des villes candidates le
savent déjà : les augmentations d'impôt n'empêcheront pas des réductions
de subventions. L'argent prélevé ira ailleurs.
Nous avons tant à inventer pour le 21ème siècle, pour nos villes de
montagnes et leurs alentours. Nous ne voulons pas de ce modèle de rêve UNIQUE,
OBLIGATOIRE, et TELLEMENT CHER ! qu'il ruinerait les autres espoirs
modestes et pluriels...
Les SIGNATAIRES :