WE_CAN.jpg OUI, il existe tant d'autres rêves pour nos territoires de montagne, que les JO d'hiver...

Depuis plusieurs mois, d'imposantes publicités dans les gares parisiennes font la promotion des postulantes au rêve des JO. Comme autant de midinettes se fantasmant plus séduisantes que toute autre. 4 villes françaises sont pré-candidates pour les JO d'hiver 2018. Et nous voilà tous sommés, citoyens et éluEs, de manifester de l'enthousiasme pour ce "rêve".

Si nous nous interrogeons sur ces projets, nous devenons alors immédiatement des opposants stériles sans vision du progrès et hostiles aux joies populaires. N'avons-nous rien d'autre à offrir aux citoyens que la compétition ? Compétition entre sportifs, entre territoires, entre habitants : les grenoblois, les niçois, les pelvousiens et les annéciens seraient-ils plus méritants parce que leur Ville aurait gagné la candidature aux JO ? Nos élites politiques ne savent-elles plus penser des événements populaires et fédérateurs ?

La montagne, impassible, n'attend pas les JO pour être belle : c'est par sa nature et sa pureté symbolique qu'elle passionne randonneurs, skieurs, marcheurs du dimanche et résidents à l'année.

mera-h-camp.jpg

Les critiques face aux impératifs de la sélection olympique sont connues et légitimes.
L'organisation en elle-même des Jeux pose question. Est-il encore besoin de rappeler les errements du Comité International Olympique (CIO) : corruption, soumission à des États autoritaires et violents, uniformisation des cultures, atteintes aux libertés publiques et encadrement policier des manifestations sportives ? Des régimes qui méprisent les droits de l'homme sont volontairement choisis pour être le théâtre des JO. Parce que seul compte ce rêve absolu et unique, le rouleau compresseur des JO n'autorise pas le moindre désordre.

Le réchauffement climatique est deux fois plus rapide dans les Alpes qu’ailleurs :

Et ce territoire sera très touché à court terme selon la dernière carte du GIEC. Qu'en sera-t-il de l'enneigement en 2018 ? Les conditions climatiques obligent les stations à utiliser une batterie de canons pour créer de la neige artificielle, dégradant un peu plus les ressources en eau et les sites.

Mais les JO ne connaissent pas l'urgence écologiste de préservation de ces espaces naturels fragiles et contraints. De l'urbanisation massive pour construire des hôtels et des infrastructures à la hâte à la pollution des équipements restés sans usage, les Alpes portent déjà les traces des précédents Jeux. La protection de l'environnement a peu d'importance quand il s'agit d'impressionner le monde entier, et les sponsors.

Quand nous osons dire nos inquiétudes, l'accusation est facile : Nous sommes "contre tout, et sans capacité de propositions".

POURTANT, ce sont les fervents supporters de ces Jeux qui manquent cruellement d'imagination.
NOUS SOMMES au contraire, les artisans d'utopies nombreuses et réalistes :

* POUR des équipements sportifs dans chaque quartier
* POUR la culture et l'éducation aussi importantes que le sport
* POUR des emplois en montagne toute l'année, implantés dans le territoire
* POUR impliquer les enfants et amateurs de tous âges en multiples activités
* POUR des terres agricoles préservées,
* POUR un climat non dégradé,
* POUR des touristes respectueux de la planète...

QUAND les JO dévorent l'argent public :

D'abord lors des candidatures (une candidature coûte plus de 20 millions d'euro), ensuite avec le gigantisme des conditions d'accueil qui sont nécessaires. Londres et Vancouver se désespèrent de trouver les milliards attendus, et en pleine crise mondiale, empruntent et coupent dans leurs autres budgets. Comment ne pas penser alors que les politiques culturelles, environnementales, éducatives et sociales vont être marginalisées par les municipalités en lice ? Les associations des villes candidates le savent déjà : les augmentations d'impôt n'empêcheront pas des réductions de subventions. L'argent prélevé ira ailleurs.

Nous avons tant à inventer pour le 21ème siècle, pour nos villes de montagnes et leurs alentours. Nous ne voulons pas de ce modèle de rêve UNIQUE, OBLIGATOIRE, et TELLEMENT CHER ! qu'il ruinerait les autres espoirs modestes et pluriels...

Les SIGNATAIRES :

* Jean-Michel Asselin (journaliste, écrivain, montagnard),
* Pierre-Jean Delahousse (Vice-président de Paysages de France),
* Gwendoline Delbos-Corfield (Conseillère municipale Verte de GRENOBLE),
* Rémi Gaechter (Conseiller municipal Vert de NICE),
* Pierre Leroy (Maire Vert de Puy Saint-Andre dans les HAUTES ALPES),
* Patrick Le Vaguerèse (Président de CIPRA France, délégation française de la Commission Internationale pour la Protection des Alpes),
* Yann Mongaburu-Doméjean (porte-parole des VERTS de l'Isère),
* Renée-Alice Poussard (Conseillère régionale Verte en Rhône Alpes, et riveraine du Lac d'ANNECY
* Hugues Thiébault (Président de Mountain WildernessFrance)''