Quelques chiffres: reretransmis par GREENPEACE

• La France possède 19 centrales nucléaires, pour 58 réacteurs. Parmi elles, 6 sont en cours de déconstruction.

• Le nucléaire représente en France 78% de la production d’électricité, soit 482,9 TWh.

• Environ 17% de l'énergie finale consommée en France provient d'électricité d'origine nucléaire.

• Un réacteur EPR (European Pressurized Reactor) est actuellement en construction à Flamanville (Manche). Sa mise en service est prévue pour 2012.

• La gravité d’un incident ou d’un accident nucléaire est mesurée par une échelle internationalement reconnue, l’INES. Les événements y sont hiérarchisés de 0 à 7, du vert vers le rouge, en fonction de leur importance ainsi que selon les conséquences à l’intérieur et autour du site.

• En France, le niveau 3 n'é été dépassé qu'une fois, en 1980 à Saint-Laurent, événement qui a été classé niveau 4.

Tricastin, Fessenheim, Comurhex (Pierrelatte), Cadarache… et encore Tricastin. Les incidents sur des sites nucléaires se sont succédé cet été. « Ces événements ne sont pas rares, mais d’habitude les médias y prêtent moins d’attention », constate Didier Champion, directeur de l'environnement et de l'intervention à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). En effet, en 2007, on dénombre 86 « événements nucléaires » classés 1 sur l’échelle Ines (de 0 à 7 en fonction de la gravité) et 842 de niveau 0, selon le dernier rapport de l’Autorité de sûreté nucléaire.

Un événement "exceptionnel":

L’accident survenu lundi à Tricastin est toutefois un événement « exceptionnel », d’après Martiel Jorel, directeur de la direction sûreté des réacteurs à l’IRSN. « Dans le cadre des opérations de renouvellement du combustible, qui sont faites annuellement, deux assemblages de combustible sont restés accrochés aux structures internes supérieures da la cuve de réacteur au cours des opérations d’enlèvement », poursuit-il...

EDF a interrompu la manœuvre, mais il s’agit maintenant d’empêcher que ces deux éléments radioactifs ne se décrochent. « C’est la deuxième fois que ce cela arrive en France », rappelle Martial Jorel. Un incident de même nature s'était produit à la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine en 1999, ce qui avait entraîné l’arrêt de la centrale pendant une vingtaine de jours. L’incident n’est donc pas clos, même si l’IRSN souligne que dans le pire des scénarios, «les conséquences radiologiques à l’extérieur du site seraient extrêmement faibles».

Sans être alarmiste, Frédéric Marillier, responsable énergie de Greenpeace-France s’inquiète de la pression que l’ouverture des marchés à mis sur les exploitants. « Les sous-traitances se multiplient, les opérations de manutention se font dans des temps plus courts que ceux prévus avant, et, en plus de ça, le parc nucléaire français vieillit : la moyenne d’âge des centrales est d’environ 21 ans », souligne-t-il.

Faut-il continuer ?
A la suite de l’incident de la Socatri (Tricastin), le 7 juillet, Jean-Louis Borloo a saisi le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire sur le suivi de l’incident et sur l’ensemble des sites nucléaires. Les conclusions devraient être remis fin octobre. Greenpeace-France, qui a porté plainte contre Areva dans l’affaire de la Socatri, regrette que cette demande ait été faite alors que le gouvernement venait d’annoncer la décision de construire un deuxième réacteur EPR. « Pour nous, il faut se poser la question de savoir si c’est une bonne idée de continuer avec le nucléaire », conclut Frédéric Marillier.