Pour évaluer le risque de cancer lié à l'exposition aux fumées des incinérateurs, l'Institut de veille sanitaire (InVS) a initié en 2003 une étude épidémiologique dont les résultats validés par un comité scientifique, viennent seulement d'être publiés le 2 avril 2008, concernant 4 départements comprenant 16 incinérateurs en activité entre 1972 et 1990 : l''Isère (disposant d'un registre des cancers) le haut-Rhin, le Bas-Rhin et le Tarn ont ainsi fait l'objet d'une enquête.

Il s'agissait de quantitifer le risque de cancers (survenus entre 1990 et 1999) en fonction du niveau d'exposition de la population aux panaches des incinérateurs pendant les années 1970-1980. Seules les conséquences des émissions passées ont donc été officiellement évaluées, pour tenir compte des temps de latence entre dates exposition et constat de la maladie...

Les risques liés aux incinérateurs actuels ne sont donc toujours pas évalués, ou en cours d'évaluation. Officiellement, en tout cas...ce qui évite les risques d'en constater - ou pas - la baisse ...

Les analyses ayant porté sur l'ensemble des cancers de l'adulte et sur des cancers pour lesquels un lien avec l'exposition aux polluants émis par les incinérateurs d'ordures ménagères a été établi ou suspecté scientifiquement : cancer du poumon, cancer du foie, cancer du sein, cancer de la vessie, lymphomes malins non hodgkiniens, myélomes multiples, leucémies aiguës et chroniques et sarcomes des tissus mous...

Lesquels ne préoccuperaient donc plus outre mesure les pouvoirs publics aujourd'hui; au motif que cette étude n'augurerait pas des risques liés aux incinérateurs actuels dont les émissions ont été réduites à la fois en quantité et en toxicité depuis décembre 2005.

ET POURTANT...,selon les résultats, "une forte exposition" (mais encore... ?) aux rejets des incinérateurs dans les années 1970-1980 pourrait être associée, au cours de la décennie 1990, à une augmentation de 6 % de tous les cancers féminins, de 9 % des cancers du sein et de 18 % des lymphomes malins non hodgkiniens chez les femmes. Dans les mêmes conditions, l'excès de risque de lymphomes malins non hodgkiniens est de 12 % pour les deux sexes confondus et, chez les hommes, l'excès est de 23 % pour les myélomes multiples.

Et quid des cancers de la prostate dont l'apparition, continuent à galoper à l'instar de beaucoup d'autres touchant de plus en plus d'enfants ? Ne nous rassure t-on pas à bon compte pour "ne pas nous inquiéter" là non plus...A cet autre motif irrecevable que la tenue systématique de registres des cancers dans tous les départements (abritant les 130 incinétteurs dont la France tient un triste record) coûterait trop cher... Quand par ailleurs des sommes faramineuses sont allègrement gaspillées sans scrupules excessifs, voire partent en fumées que celles des cigarettes ne sauraient occulter.... aussi nocives soient-elles !

    RAP

En savoir plus: Références Incidence des cancers à proximité des usines d’incinération d’ordures ménagères - Exposition aux incinérateurs pendant les années 1970-1980 - InVS N.B. : cliquer ci après sur "un commentaire"