La tenue en février du comité national de pilotage sur les PCB, à l'initiative des ministères de l'Écologie, de la Santé et de l'Agriculture, a été l'occasion d'annoncer plusieurs enquêtes.. Le Cemagref va tenter de comprendre les phénomènes complexes de transfert des PCB des sédiments vers les poissons. Le pôle de compétitivité chimie-environnement de Rhône-Alpes (pôle Axelera) travaille de son côté sur les techniques de dépollution. Le service régional de protection des végétaux recherche, quant à lui, l'impact qu'il peut y avoir sur les cultures irriguées.

Au ministère de la Santé que revient la plus lourde tâche : effectuer une étude d'imprégnation aux PCB sur les consommateurs des poissons de rivière.. Et c'est sur ce point que les associations tout comme l'Asep se montrent les plus critiques. L'étude épidémiologique va bien être menée auprès de 900 à 1 000 personnes à partir de la fin du mois d'avril par l'INVS (Institut de veille sanitaire) et par l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments), mais les résultats ne seront connus que dans deux ou trois ans.
"C'est beaucoup trop long», s'inquiètent le WWF tout comme France Nature Environnement. «Nous recevons dans nos cabinets des gens qui mangent des poissons du Rhône depuis des années, des femmes qui allaitent… Ils nous posent des questions or nous sommes démunis. Il n'y a pas de pire angoisse que de ne pas savoir. (...) Notre étude, dont on aura les résultats dans un mois, nous permet d'ouvrir une brèche.» De quoi peut-être obtenir une accélération du mouvement le 10 mars prochain lors de la tenue du comité scientifique et technique du plan Rhône. Côté justice, en tout cas, les choses avancent puisqu'une instruction contre X a été ouverte par le pôle de santé public de Marseille afin de tenter de déterminer les responsabilités dans la pollution du Rhône

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